Élections en Centrafrique: le positionnement ambigu du parti de François Bozizé

François Bozizé,  président de la République centrafricaine de 2003 à 2013, ici le 8 janvier 2013.
François Bozizé, président de la République centrafricaine de 2003 à 2013, ici le 8 janvier 2013. AFP/Sia Kambou
Texte par : RFI Suivre
6 mn

À l’approche des élections de dimanche, l’insécurité reste importante en Centrafrique. Une coalition de groupes armés a entamé, il y a une semaine, des mouvements de déstabilisation à l’intérieur du pays. Jeudi, la journée était à l’accalmie. La Coalition des patriotes pour le changement, la nouvelle coalition de groupes armés, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral dans un communiqué.

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Alors que le gouvernement centrafricain estime que cette annonce de cessez-le-feu de la coalition est un non-événement, Jean-Eudes Teya, secrétaire général du KNK, le parti de François Bozizé, réagit sur cette déclaration des groupes armés :

« Un accord de cessez-le-feu, ça ne vaut que si la personne en face accepte les conditions demandées. Hors, depuis hier, le Premier ministre du gouvernement centrafricain a rejeté formellement la proposition que nous avons faites d’observer une trêve. Par conséquent, il n’y aura pas de trêve de Noël. »

Élections en Centrafrique : le positionnement ambigu du parti de François Bozizé

« Nous », est-ce à dire que Francois Bozizé est bien à la tête de cette coalition armée, comme il en est accusé ? « Le problème n’est pas de confirmer ou de nier », évacue Jean-Eudes Teya, selon qui le gouvernement n’a pas le monopole des échanges avec les groupes armés : « Le gouvernement centrafricain, le président Faustin-Archange Touadéra, son Premier ministre Firmin Ngrebada, sont les acteurs de l’accord de Khartoum. Ils ont donc, depuis un an, discuté avec les groupes armés. Pourquoi d’autres personnes n’auraient pas le privilège de discuter avec les protagonistes de la crise ? »

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La volonté de ses groupes armés est affichée : ils veulent suspendre les élections et convoquer une concertation nationale. Des revendications partagées par la coalition d’opposition.

L’ancien président Michel Djotodia, ex-leader de la rébellion Séléka, s’est lui exprimé jeudi. Rentré au pays cette année, il n’a pas souhaité se présenter au scrutin de dimanche. Désormais proche du président Touadéra, il se positionne depuis son retour en faveur de la paix et du dialogue. À quelques jours des élections, il appelle à l’apaisement :

« Je condamne avec la plus grande fermeté la recrudescence des actes de violence dans certaines régions du pays ayant occasionné des pertes en vies humaines et visant à perturber le processus électoral en cours et à déstabiliser notre pays pour la satisfaction d'intérêts égoïstes. Nous voulons la paix. Sans la paix, nous ne pouvons pas nous développer. J'invite mes concitoyens à s'entendre et à trouver les solutions qu'il faut pour les uns et les autres. Et surtout, laissez le processus électoral aller jusqu'au bout. »

L'abbé Frédéric Nakombo, coordinateur et porte-parole du réseau Arc en ciel en Centrafrique

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