Accéder au contenu principal

Centrafrique: la coalition de groupes armés annonce rompre la trêve

Des soldats de la Minusca roulent sur la route nationale 1 en direction d'affrontements le 22 décembre 2020.
Des soldats de la Minusca roulent sur la route nationale 1 en direction d'affrontements le 22 décembre 2020. AFP - ALEXIS HUGUET
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La trêve annoncée jeudi a déjà été rompue en Centrafrique. À deux jours de la présidentielle, la coalition de groupes armés qui menacent le pouvoir et la tenue de l’élection a relancé son offensive ce matin. Des affrontements ont eu lieu à Dekoa et Bakouma. À Bangui, la situation reste calme.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale, Florence Morice, et notre correspondante à BanguiCharlotte Cosset

En fin de matinée, la coalition a fait paraître un nouveau communiqué. Dans ce document, dont deux groupes armés ont confirmé l’authenticité à RFI, la coalition reproche aux autorités d’avoir ignoré son appel de jeudi, et opposé un nouveau refus à ses revendications de suspendre l’élection et d’ouvrir des concertations.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement avait estimé que leur appel au cessez-le-feu était un « non-événement » en leur reprochant surtout de n’avoir en fait jamais cessé leur offensive armée, précise notre envoyée spéciale, Florence Morice

La tension est remontée d'un cran 

Si la journée était à une relative accalmie hier, sur le terrain, la tension est remontée d’un cran ce vendredi. Les affrontements ont repris dans les provinces aujourd’hui. L'événement le plus marquant sans doute, aura été des combats à Dekoa, une ville du centre du pays. Les rebelles tentent de descendre par ce point d’accès pour rejoindre la ville de Sibut puis Bangui, rapporte notre correspondante, Charlotte Cosset.

Si des sources sécuritaires affirment que les rebelles sont encore dans la ville, la mission onusienne assure avoir repoussé les éléments armés. Autre fait important vendredi : des attaques à Bakouma par des éléments de la coalition armée. Des sources au sein de la coalition armée revendiquent par ailleurs la prise de Bakouma à cette heure, ce que confirment des sources humanitaires et sécuritaires.

Chef d’État-major des Armées sur place

Le chef d’État-major des Armées, lui, s’est rendu sur le terrain vendredi. Zéphirin Mamadou s’est déplacé à Boali et Sibut pour « galvaniser les troupes présentes sur le terrain ». Dans un communiqué, le général de division pointe du doigt des manquements aux devoirs, notamment des désertions ou des absences au départ des missions.

Les auteurs seront sévèrement punis et traduits devant la justice militaire, assure ce communiqué qui a été diffusé sur la radio nationale. Zéphirin Mamadou appelle les troupes à plus de résilience.

Multiplication des recours

Parallèlement, deux sortes de recours en justice ont été déposés pour obtenir le report des élections. Certains sont adressés à l’ANE pour demander à l’autorité en charge des élections de constater l’impossibilité de tenir le scrutin dans ce contexte où la campagne n’a pas pu avoir lieu sur une partie du territoire, et en raison du risque de violences et des retards qu’elles ont entraîné sur le déploiement du matériel électoral.

Malgré les discours rassurants tenus ces derniers jours par l’ANE, la Minusca et les autorités, le doute se répand parmi les acteurs ici. Par exemple, les observateurs de la CEEAC n’ont pas encore décidé s’ils pourront se déployer dans l’intérieur ce dimanche et dans quelles conditions. Le nouveau bureau de l’ANE est en discussion actuellement pour évoquer ces questions.

Parallèlement, jeudi, la Cour constitutionnelle a été saisie d’un recours déposé par six candidats dont Anicet Georges Dologuélé qui a fait alliance avec François Bozizé. Ils souhaitent obtenir que « l’organisation du vote soit entièrement reprise ». C’est ce que prévoit l’article 115 du code électoral pour le cas où un candidat présent sur la liste définitive des candidats se retire avant le premier tout du vote. Or, Jean Serge Bokassa a retiré sa candidature.

Une situation qui peut d’ailleurs poser problème, car la Centrafrique a adopté le bulletin unique et que le nom de Jean Serge Bokassa y figure toujours. Une audience publique est annoncée à la Cour constitutionnelle samedi matin.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.