Présidentielle en Ouganda: le Bouganda, la province qui pourrait faire trembler Museveni

Le Bouganda pourrait décidé de voter cette fois-ci pour un enfant du pays, l'opposant Bobi Wine. (image d'illustration)
Le Bouganda pourrait décidé de voter cette fois-ci pour un enfant du pays, l'opposant Bobi Wine. (image d'illustration) SUMY SADURNI / AFP

A quelques jours de l'élection présidentielle en Ouganda le 14 janvier, les yeux se tournent vers la province de Bouganda, qui pourrait détenir la clé du scrutin. Ce royaume situé au centre du pays a toujours voté pour le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Mais cela pourrait changer jeudi prochain.

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En termes de chiffres, le Bouganda ne pèse pas lourd. Les trois millions de Bagandas — c’est le nom des membres de cette ethnie ougandaise — ne représentent que 16% de la population totale du pays… Mais en terme d’importance, c’est la province la plus influente d’Ouganda, explique Yusuf Serunkuma, chercheur à l’université de Makerere.

« L’Ouganda est une déclinaison du nom Bouganda. La capitale Kampala se trouve dans cette province. Le Bouganda est une circonscription cruciale, car elle est le foyer de la tribu la plus importante du pays. C’est très difficile de gouverner le pays si vous n’êtes pas en bons termes avec le Bouganda. »

Dernièrement, la bonne entente entre le gouvernement de Museveni et le royaume du Bouganda a commencé à s’effriter. En novembre dernier, l’Ouganda a été secoué par de violentes manifestations, déclenchées suite à l’arrestation de l’opposant et chanteur Bobi Wine, natif de cette province.

Un événement qui a accentué les tensions entre le petit royaume et le président sortant, estime Joseph Ochieno, analyste politique. « L'attrait de Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, peut être vu en terme d’identité. Les gens du Bouganda s’identifient à lui, car il vient de chez eux. Pendant longtemps, les Bagandas ne trouvaient personne pour les représenter, Bobi Wine a fait connaître le royaume et plus largement tout l’Ouganda. »

Par le passé, le président sortant Yoweri Museveni, candidat à sa propre succession, a été critiqué pour avoir offert des postes clés aux membres de sa propre tribu, au détriment des autres.

 

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