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Madagascar: étudiants et sortants de l'Ecole normale manifestent pour leur recrutement

A Antananarivo, les étudiants et les sortants de l'Ecole normale supérieure manifestent le 7 janvier 2020 pour demander une garantie de recrutement une fois leurs études terminées.
A Antananarivo, les étudiants et les sortants de l'Ecole normale supérieure manifestent le 7 janvier 2020 pour demander une garantie de recrutement une fois leurs études terminées. © Laetitia Bezain/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ils sont nombreux à avoir terminé leurs études depuis deux ou trois ans et à ne pas avoir encore obtenu de poste, selon eux. Hier, ils se sont regroupés avec banderoles et pneus brûlés dans l'enceinte de l'ENS.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

« Étudiants des ENS à Madagascar en grève pour le recrutement » « Président donnez-nous des postes » indiquent les banderoles accrochées au portail de l'enceinte de l'établissement. Aux alentours, un déploiement important de forces de l'ordre.

A Madagascar, des étudiants et des sortants de l'Ecole normale supérieure d'Antananarivo et d'autres régions, notamment à l'ENS de Diego Suarez, dans l'extrême nord, ont manifesté hier pour le deuxième jour consécutif. Ils ont voulu exprimer leur mécontentement face au système de recrutement des enseignants mis en place par le ministère de l'Éducation. La veille, ils étaient sortis dans la rue pour exprimer leur colère et leur rassemblement avait tourné en échauffourées avec les forces de l'ordre, faisant un blessé et trois arrestations.

Charles, 28 ans, est diplômé depuis deux ans mais n'a pas encore été recruté. « Si on a fait des études ici, c'est pour être professeur et être sûr d'avoir un emploi mais quand il y a des recrutements au niveau du ministère, ils ne nous donnent pas de poste. On se sent totalement délaissés. En ce moment, je suis chômeur alors que j'ai étudié dans une grande école. On veut dire au président Andry Rajoelina de nous prendre en compte à notre juste valeur. Il a inauguré récemment des écoles aux normes donc on demande à ce que ce soit des professeurs qui ont suivi de vraies études qui enseignent, comme ça tout est aux normes. »

Pas de poste pour tous, répond la ministre

Les étudiants, qui dénoncent une politique de répartition des postes floue pour les normaliens, réclament l'assurance d'avoir un emploi de fonctionnaire une fois leurs études terminées. Eric Randrianantenaina est le président des étudiants de l'ENS d'Antananarivo. « Il y a environ 600 sortants qui attendent toujours un poste à l'ENS d'Antananarivo. Certains patientent depuis trois ans. Ce que nous demandons, c'est l'application du protocole d'accord de 2018 concernant le recrutement systématique des diplômés. »

Contactée, une source au sein du ministère de l'Education indique que « le ministère recrute en fonction des postes budgétaires disponibles, de ses besoins en ressources humaines et en compétences. Si les étudiants demandent un recrutement systématique de tous les sortants, ce n'est pas possible. Il y a cinq ENS à Madagascar. Ce sont des organismes rattachés au ministère de l'Enseignement supérieur et à une université et comme tout sortant de l'université, il revient aux étudiants de chercher du travail après. Pour la prochaine vague de recrutement, la ministre de l'Education nationale a déjà fait savoir qu'il y a des postes budgétaires disponibles pour les sortants de l'ENS mais pas pour tous », précise-t-elle.

Des négociations entre les représentants des étudiants et les ministères concernés, notamment celui de l'Education nationale et celui de l'Enseignement supérieur ont débuté jeudi. La réunion doit se poursuivre ce vendredi dès 8h. Si leur demande n'est pas satisfaite, les étudiants indiquent qu'ils poursuivront leur mouvement.

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