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Condamnés pour l'assassinat de Kabila père, libérés, ils veulent un nouveau procès

Dans la prison de Makala (image d'archives).
Dans la prison de Makala (image d'archives). AFP/Archivos
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En RDC, 23 condamnés dans le cadre du procès de l’assassinat en janvier 2001 de Laurent Kabila ont recouvré la liberté vendredi 8 janvier. Ils bénéficient de la grâce présidentielle décidée fin décembre par Félix Tshisekedi. Comme beaucoup d’activistes, certains de ces condamnés clament toujours leur innocence.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

Des doutes subsistent toujours sur la culpabilité de ces ex-prisonniers. À l'époque, les juges du tribunal militaire avaient statué que malgré les condamnations, l'enquête n'était pas close et les responsabilités n'étaient pas clairement établies.

Ainsi, Pascal Maregani était l'un des responsables de la sécurité de Laurent-Désiré Kabila. Il explique qu’il n’était même pas au pays le jour de l’assassinat de l’ancien président. Il a toujours clamé son innocence. Après vingt ans de détention, il souhaite aujourd’hui que le procès soit rouvert.

« On aimerait connaître la vérité. Parce que nous sommes les plus grands ignorants dans cette histoire. Moi de mon vivant, j'aimerais savoir qui a fait cette histoire. Nous l'avons amené au pouvoir, nous avons travaillé avec lui, nous l'avons protégé, nous ne pourrions pas accepter qu'on l'assassine. Si on pouvait faire un procès, nous serions contents et heureux de connaître la vérité. »

« Annuler le procès »

Marcelin Chikuru travaillait à la présidence de la République comme inspecteur de l’Agence nationale des renseignements. Lui également dit vouloir que la vérité éclate enfin.

« C'était un verdict bidon. Peut-être qu'il y en aura un autre. Il faudrait qu'il y ait un autre jugement pour démasquer les vrais assassins parce que le président Kabila était un président de la République, on doit savoir qui l'a réellement tué, mais il n'était pas là parmi nous. »

Marc-Antoine Vumilia, a lui aussi été condamné, mais il s'est évadé de la prison de Makala et est exilé en Suède depuis 2012. Pour lui cette grâce  n'est pas suffisante : « On aurait pu utiliser d’autres outils juridiques qui existent et qui devaient amener à l’annulation de ce procès parce que c’est en fait ça qu’il faut faire : annuler le procès parce que la mesure de grâce suppose que le procès était juste et équitable, ce que je conteste. Le président Félix Tshisekedi a fait quelque chose de courageux, d’important, mais il faut qu’il aille plus loin si le but est réellement de réconcilier les gens, si le but est réellement de rechercher la justice. »

Ces appels à la réouverture du procès rejoignent le plaidoyer soutenu depuis plusieurs années par des activistes de droits de l’homme. comme la Voix des Sans-Voix :

Rostin Manketa, directeur de l'association

Alors pourquoi ces libérations et pourquoi en cette période ? Bernard Takahishe Ngumbi, vice-ministre de la Justice, explique :

Cet acte est un symbole pour montrer que le chef de l'État voudrait installer un État de droit dans la paix et la quiétude. Un symbole pour montrer à l'opinion nationale et internationale que c'est un homme qui voudrait que tout rentre dans l'ordre. Dans mon speech, j'ai dit que c'est peut-être par une maladresse que ces gens-là sont là. Le président a voulu donné un signal.

Bernard Takahishe Ngumbi

 

 

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