Centrafrique: les attaques des groupes armés en périphérie de Bangui repoussées

La base de la Minusca dans le nord de Bangui s'est fait attaquer par les groupes armés rebelles, ce 13 janvier 2021. (Image d'illustration)
La base de la Minusca dans le nord de Bangui s'est fait attaquer par les groupes armés rebelles, ce 13 janvier 2021. (Image d'illustration) © AFP/FLORENT VERGNES

Des tirs ont été entendus ce mercredi 13 janvier dans la périphérie de la capitale centrafricaine. Des combats sont régulièrement signalés ces dernières semaines dans le pays depuis qu'une coalition de groupes rebelles s'est formée à la mi-décembre.

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Avec notre correspondante et notre envoyée spéciale à Bangui, Charlotte Cosset et Alexandra Brangeon

Deux offensives simultanés ont eu lieu ce mercredi matin peu avant 6h aux portes de Bangui. L’une au nord de la ville dans un endroit qu’on appelle PK12 et l’autre à l’ouest, dans le quartier de Bimbo, à 9 km du centre. Des tirs ont opposé les groupes armés à l’armée centrafricaine, les Faca, soutenue par les partenaires russes et rwandais, ainsi que la mission des Nations unies. Les affrontements ont eu lieu entre 6h et 9h. Mais des tirs étaient encore entendus vers 10h. La Minusca confirme que sa base localisée à cet endroit a été attaquée par des éléments armés.

La riposte a été immédiate, conjointement avec les forces armées centrafricaines. Des renforts ont été envoyés sur place, précise la mission onusienne. À l'entrée ouest de la ville, vers PK9 à Bimbo, la route de MBaïki, il semble que les rebelles ont tenté de passer le pont leur permettant de rejoindre Bangui, mais leur attaque aurait été repoussée. Il était difficile d'évaluer les forces en présence. Dans l'après-midi, la Minusca a déploré la mort d'un casque bleu rwandais dans les combats alors qu'un autre casque bleu est blessé. 

Les gens ne bougent pas, les activités sont bloquées donc on ne peut rien faire et on ne sait pas ce qui va arriver dans les heures qui suivent.

Peur et inquiétude pour la population après les attaques de groupes armées en périphérie de Bangui

Après une accalmie dans la matinée, les tirs ont repris vers 14h au nord de la ville. Ils ont duré jusqu’à 16h environ. Ce sont les ratissages qui se poursuivaient, a déclaré la Minusca. Le centre-ville a été désert quasiment toute la journée, les forces de sécurité ont dressé des barrages sur les principaux axes pour effectuer des contrôlés.

Ce mercredi soir, les rares personnes qui avaient osé mettre le nez dehors se pressaient de rentrer chez elles. Le gouvernement a avancé le couvre-feu de deux heures. Il est passé de 20h à 18h.

On a tous la peur au ventre. On ne sait pas à quelle heure on peut sortir pour compter les morts, s’il y a des morts… J’espère que l’armée pourra reprendre le dessus, pour essayer de recréer un climat de sécurité. Mais là, personne ne se sent en sécurité.

Témoignage d'un habitant du PK12 dans le nord de Bangui

Des sources humanitaires confirment que des blessés ont été reçus à l'hôpital communautaire. Ils sont en train d'être soignés.

►À lire aussi : En Centrafrique, les soutiens militaires des pays de la Ceeac se font attendre

Une attaque « vigoureusement repoussée » selon le Premier ministre

Le Premier ministre, Firmin Ngrebada, a très vite pris la parole dans la matinée. Il a déclaré sur son compte Facebook que les « assaillants venus en effectifs élevés pour prendre Bangui ont été vigoureusement repoussés ». Le Premier ministre annonce la morte de 30 assaillants et de 5 éléments capturés au cours de cette journée. 

« Pour l'essentiel, les assaillants ont été repoussés à l'extérieur des limites de la ville », assure lui aussi Ange Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement joint par RFI. Il confirme que les rebelles avaient de gros moyens : « Il s’agissait d’une agression assez forte, avec des coups de canon, des armes lourdes. Et je dois dire que, dans un temps assez rapide, les forces de sécurité intérieure, ainsi que nos forces armées, ont d’abord stoppé cette tentative, malgré toutes ces armes lourdes. »

Malgré la présence de ces armes lourdes, le porte-parole explique comment ces rebelles ont réussi à échapper à la vigilance des autorités et à se regrouper : « Il s’agit d’une guerre asymétrique, où les gens se mettent en civil, avec des armes sous les motos et parfois sous les manteaux. Ils traversent les villages nuitamment, puis se regroupent à un endroit et là, on a une attaque. Ce n’est pas une guerre frontale. C’est ce qui explique que ces gens-là puissent échapper à la vision, et de nos troupes et de celles de nos partenaires, pour se regrouper à des endroits, lancer une attaque, voir s’il y a de la résistance et battre en retraite quand effectivement la résistance est forte, comme cela a été le cas ce matin. »

Après les attaques de la matinée, le vol d’Air France, prévu ce mercredi 13 janvier, a été annulé. Le convoi de marchandises bloqué à Bangui depuis plusieurs semaines, qui devait partir ce matin pour rejoindre le Cameroun, n’a pas non plus pu quitter la capitale.

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