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Reportage

Coronavirus: à Madagascar, la pandémie provoque d'abord une crise sociale

Vendeur de chips à Antananarivo. Le secteur informel a subi les impacts négatifs de cette crise à travers la baisse d'heures travaillées, qui a engendré  une baisse des revenus. Une situation qui fragilise davantage encore des individus déjà confrontés à des conditions de travail précaires.
Vendeur de chips à Antananarivo. Le secteur informel a subi les impacts négatifs de cette crise à travers la baisse d'heures travaillées, qui a engendré une baisse des revenus. Une situation qui fragilise davantage encore des individus déjà confrontés à des conditions de travail précaires. © RFI/Sarah Tétaud
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Jusqu’à présent, à Madagascar, la pandémie du coronavirus a entraîné une crise beaucoup plus sociale et économique, que sanitaire. C’est ce qui ressort de l’enquête concernant les impacts du Covid-19 sur le marché du travail malgache. Une étude menée par l’Instat - l’Institut National de la Statistiques - en collaboration avec l’OIT, l’Organisation Internationale du travail et révélée hier, mardi 12 janvier, au public. 

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avec notre correspondante à Madagascar, Sarah Tétaud

Accroupie sur un trottoir de la capitale, cette vendeuse de citrons hèle le client, en vain. « Vous voyez, aujourd’hui j’ai vendu à peine 30 citrons quand avant j’en vendais 100. C’est comme ça depuis la crise du Covid. Les gens n’ont plus d’argent … »

Pour les besoins de l'enquête « Emploi et Covid-19 à Madagascar »,près de 5000 individus ont été interrogés entre août et novembre. A l’exception du secteur primaire (agriculture-élevage et pêche), l’ensemble des branches d’activités du pays a subi des pertes d’emploi. Un ménage sur deux en août, et un sur trois en novembre, ont constaté une diminution de leurs revenus.

Le secteur formel plus touché

Le secteur informel a été victime d’une inactivité généralisée. Conséquence directe, ses travailleurs ont subi une baisse importante de revenus. Toutefois, c’est le secteur formel, plus enclin à suivre les mesures édictées par l’état d’urgence, qui aurait été le plus impacté, notamment en termes de perte d’emploi. D’après les résultats révélés hier, ce sont bien les salariés du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, des loisirs et des arts qui comptabilisent le plus fort taux de perte d’emploi (30 à 40% de ces derniers ont été licenciés).

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Pour Zefania Romalahy, le directeur général de l’Instat, l’étude révèle un dénominateur commun aux secteurs formel et informel. « C’est l’impact sur le revenu des ménages qui a été le plus marquant. Pas seulement à cause d’une perte d’emploi. Même après la crise, en novembre, on a encore constaté que cette diminution du revenu des ménages a continué et ça n’a fait qu’accentuer une précarité déjà existante en matière de conditions de vie des ménages. »

Une nécessaire protection sociale

Pour Coffi Agossou, le directeur pays de l’Organisation Internationale du Travail, la pandémie a violemment rappelé la nécessité d’un véritable dialogue social. « Certaines mesures ont été prises sans consultation des travailleurs ni des employeurs. La crise a révélé que l’assurance chômage, la sécurité sociale est importante ; lorsqu’il s’agissait d’appuyer les travailleurs, le gouvernement n’a pas dégagé de fonds. Et puisqu’on risque de voir une deuxième vague du coronavirus, nous invitons les responsables à prévoir des mesures centrées sur l’humain. C’est essentiel. »

Dans le pays, plus de 9 travailleurs sur 10 ne jouissent pas des régimes de protection sociale au sein de leur emploi.

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