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RDC: les violences dans la région de Beni ont fait 1200 morts en un an, selon la Lucha

Des déplacés internes fuient le site d'une attaque attribuée aux rebelles ADF à Halungupa, près de Beni, en février 2020.
Des déplacés internes fuient le site d'une attaque attribuée aux rebelles ADF à Halungupa, près de Beni, en février 2020. Alexis Huguet / AFP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Les attaques attribuées aux combattants de l’ADF se multiplient dans la région de Beni, dans l'est de la RDC, en dépit du dispositif mis en place par l’armée depuis octobre 2019. Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) parle même d’un bilan de 1 206 civils tués en un peu plus d'un an.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

Dans un rapport du 30 novembre 2020, le secrétaire général de l'ONU notait que les attaques de l’ADF et ses affrontements avec les FARDC ont atteint un niveau d’intensité jamais vu depuis juillet 2020. Antonio Guterres pense même que des éléments présumés de l’ADF se sont alliés à des groupes maï-maï locaux.

Pour sa part, le groupe d’experts de l’ONU ajoute que suite à l’offensive de l’armée, les combattants de l’ADF ont été divisés en au moins trois groupes mobiles. 

Ils seraient concentrés, selon la même source, principalement à Rwenzori, autour de la route reliant Mbau à Kamango, dans le nord du territoire de Beni et jusque dans le sud de l’Ituri, dans le territoire d’Irumu, où ils se déplaceraient constamment autour de Mamove, Eringeti, Kainama, et dans le sud de l’Ituri.

A lire aussi : RDC: pourquoi les violences continuent à Beni

La situation est davantage préoccupante dans le sud-est de la ville de Beni. Le regain de violence serait ici lié, selon les sources locales, à la saison de la récolte du cacao et d’autres produits agricoles, des groupes des combattants ADF et maï-maï luttant pour le contrôle de cette activité saisonnière lucrative.

La persistance des pertes civiles a entraîné une augmentation des manifestations publiques et du ressentiment contre la Monusco. Félix Tshisekedi est également la cible de la société civile et des autorités locales qui ne cessent de lui rappeler sa promesse de venir s’installer dans la région pour palper du doigt la situation sur le terrain.

Pour la période de janvier à décembre 2020, nous avons documenté au moins 712 personnes civiles sommairement exécutées. Il est clair aussi qu’il y a beaucoup d’enlèvements et parmi les personnes enlevées, certaines sont libérées mais d’autres ne sont jamais retrouvées. Les chiffres avancés par la Lucha sont sans doute proches de la réalité.

Abdoul Aziz Thioye, directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme

 

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