Centrafrique: les candidats ayant déposé un recours présentent leurs arguments à la Cour

Dans un centre de vote de Bangui, le dépouillement des urnes le 27 décembre 2020, à la lueur de lampes torches.
Dans un centre de vote de Bangui, le dépouillement des urnes le 27 décembre 2020, à la lueur de lampes torches. © Charlotte Cosset / RFI
Texte par : RFI Suivre
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En Centrafrique, une dizaine de candidats de l’opposition à la présidentielle ont déposé des recours demandant purement et simplement l’annulation de l’élection remportée par Faustin-Archange Touadéra. Ce vendredi, ils ont présenté leurs requêtes devant la Cour constitutionnelle

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Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Alexandra Brangeon

« C’est une vaste mascarade qui ne nous honore pas », a lancé maître Arlette Sombo Dibele aux huit juges de la Cour constitutionnelle. L’avocate représente une coalition de dix candidats qui estiment que les résultats rendus publics par l’Autorité nationale des élections sont entachés de nombreuses irrégularités.

Mais surtout pour maître Sombo Dibele, ces élections ne sont pas l’expression de la démocratie, une grande partie des électeurs n’ayant pas pu voter en raison de l’insécurité. « Nous ne votons pas pour le président de Bangui. Comment voulez-vous que lorsqu’il y a plus de la moitié, les deux tiers de l’électorat qui ne se sont pas présentés, on puisse réclamer la légitimité d’une personne élue. »

Tous demandent l’annulation du scrutin, mettant en avant l’intérêt de la nation. Les avocats du président Touadéra, eux, s’insurgent. « Quand on parle de fraude, il faut des preuves. Quant à la représentativité du résultat, l’opposition se trompe », estime maître Jean-Paul Moussa Veketo. « Toute la population n’a pas voté, oui, parce qu’une frange de la population a été empêchée. Mais cela ne remet pas en cause la validité du vote pour ceux qui ont pu voter effectivement. C’est ça le principe démocratique. »

Les juges de la Cour constitutionnelle ont écouté. « Vous avec tous parlé de paix », a fait remarquer la présidente, avant de s’interroger : « mais comment l’annulation de ce scrutin peut-il garantir la paix ? » La Cour a jusqu’à mardi 19 janvier pour valider au non ces résultats.

 

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