Le trafic de bois de rose au menu d'une réunion diplomatique entre la Gambie et le Sénégal

Le trafic de bois de rose est un problème qui perdure entre le Sénégal et la Gambie (image d'illustration)
Le trafic de bois de rose est un problème qui perdure entre le Sénégal et la Gambie (image d'illustration) Wikimedia Commons
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les ministres des Affaires étrangères sénégalais et gambien se sont retrouvés vendredi 15 janvier à Dakar pour trouver des solutions face au problème du trafic de bois de rose. Mais au-delà de la volonté affichée, aucune avancée concrète dans l’immédiat.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

C’est un fléau qui perdure entre le Sénégal et la Gambie : le trafic de bois de rose, protégé mais coupé en Casamance, au sud du Sénégal, puis acheminé en Gambie d’où il est illégalement exporté vers la Chine. Selon l’Institut d’études de sécurité de Dakar, environ un million d’arbres ont été abattus illégalement en Casamance, soit un tiers de la forêt de la région.

« Ce n’est pas un problème gambien, ni sénégalais, mais un problème sénégambien » selon le chef de la diplomatie gambienne Mamadou Tangara. « Je voudrais réaffirmer l’engagement du gouvernement gambien du président Adama Barrow de travailler main dans la main avec son grand frère et ami Macky Sall. Ne ratons pas le coche. »

Le constat est partagé : les deux pays doivent lutter ensemble contre ce trafic de bois. « Les rapports et autres données dont nous disposons décrivent une situation alarmante, ainsi qu’un désastre écologique, sanitaire, a rappelé Aissata Tall Sall, ministre sénégalaise des Affaires étrangères. Il s’y ajoute que les coupeurs de bois rusent avec les forces de sécurité. Il est donc urgent de leur appliquer la tolérance zéro. »

Dans le projet de rapport, les deux pays évoquent des sanctions « sévères » à l’encontre des trafiquants, ou encore la mise en fourrière systématique des camions transportant du bois issu de la coupe illégale mais pour ce qui est de la mise en œuvre, les experts ont eu du mal à se mettre d’accord.

Des « mesures fortes » étaient attendues, - selon le ministère des Affaires étrangères - sur les plan politique et sécuritaire, à l’issue de la réunion de vendredi.  Au final, aucune décision n’a été rendue publique.

L’an dernier, l’ONG Trial International avait porté plainte contre un homme d’affaire suisse, accusé d’être impliqué dans le trafic. Dans la foulée, l’armateur français CMA CGM avait suspendu ses exportations de bois au départ de la Gambie.

 

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