RDC: la dégradation de la situation sécuritaire en Ituri inquiète l'ONU

Des casques bleus de la Monusco patrouillent dans la province d'Ituri.(photo d'illustration)
Des casques bleus de la Monusco patrouillent dans la province d'Ituri.(photo d'illustration) SAMIR TOUNSI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au moins 647 personnes dont 120 femmes et 115 enfants ont été tuées entre mai et décembre 2020 par des combattants se réclamant de la milice Codeco, selon des chiffres communiqués ce vendredi par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). En plus de ces miliciens, d’autres mouvements armés commencent à voir le jour. Face à la dégradation de la situation, le BCNUDH et la Monusco ont demandé plus d’efforts aux différents acteurs impliqués dans la recherche de la paix et de la sécurité étant donné que le conflit se communautarise davantage.

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Avec notre correspondante à Kinshasa, Patient Ligodi

En juin dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme craignait que les communautés qui étaient les principales victimes des attaques de la milice Codeco ne se constituent en forces d’autodéfense, en l’absence de protection par des forces de sécurité et de défense efficaces.

Six mois plus tard, plusieurs groupes de combattants se sont formés parmi lesquels les milices appelées Forces patriotiques intégrationnistes du Congo (FPIC) et Front populaire d’autodéfense en Ituri (FPAC)/Zaïre. Ces deux nouveaux groupes s’identifient à deux communautés, jadis principales victimes: les FPIC sont proches de la communauté Bira, et les FPAC/Zaïre proches de la communauté Hema.

Ce nouveau développement de la situation a fait que les violences se sont étendues des territoires de Djugu et Mahagi au territoire d’Irumu.

Dans son rapport de décembre 2020, le groupe d'experts de l’ONU sur la RDC, explique que bien que l’organisation et la structure du groupe appelé Zaire restent floues, la plupart des sources indiquent que celui-ci est composé en majorité de Hema et qu’il opère à Dala, Mbijo, Mangbwalu et Iga-Barrière, dans le territoire de Djugu, à Berunda, dans le territoire de Mahagi, et à Shari, dans le territoire d’Irumu.

Face à cette situation, l’ONU rappelle une fois de plus, l'importance de poursuivre et de renforcer la lutte contre l’impunité, la mise en place d’un programme crédible de démobilisation, désarmement, réintégration communautaire et stabilité, ainsi que l’adoption de politiques socio-économiques pour un développement durable.

 

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