Reportage

Nouvelles violences nocturnes en Tunisie

Nuit d'émeutes du 16 au 17 janvier à Siliana (Tunisie).
Nuit d'émeutes du 16 au 17 janvier à Siliana (Tunisie). AP - Hedi Sfar
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Pour la quatrième nuit consécutive et malgré le confinement, des échauffourées se sont produites dans de nombreuses villes du pays. Des troubles sur fond de dégradation de la situation économique et sociale, quelques jours après le dixième anniversaire de la révolution. La police a procédé à des centaines d’arrestations dont de nombreux mineurs.

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Avec notre envoyé spécial au Kram, Michel Picard

Sur un pas de porte, près des protestataires qui bravent le couvre-feu, Sidi Nouri, 53 ans, comprend la colère et les angoisses des jeunes, comme l’absence d’accès à l’emploi : « Chômage ! Ils demandent des choses, il n’y a pas d’argent, pas de travail, et voilà. »

À quelques mètres, des jeunes attendent les fourgons de police pour les caillasser. Ces sorties nocturnes ressemblent à une volonté de très jeunes protestataires de s’en prendre aux forces de l’ordre, selon Nouri : « Il n’y a pas de police le matin. Ils veulent la police, quand ils viennent. »

Les véhicules de police sont cantonnés à la rue principale, quand des agents en civil tentent de mettre la main sur les jeunes qui se réfugient dans les ruelles adjacentes.

Sans participer aux heurts, Rami, 21 ans, est sorti malgré l’interdiction. « On n’est pas riches, dit-il. Tu vois, c’est un quartier normal. Tout le monde veut travailler, les marchés, les choses comme ça. Mais on ne travaille pas. À cause du confinement d’abord, puis à cause de la police. Les gens vont vendre des oranges, des fruits. Quand la police vient, elle prend tout. Même notre président, et pourtant on l’aime. Mais il ne parle pas, il n’agit pas. Il dit : "Je fais, je fais, je fais". Mais après, il fait rien. »

Pour l’heure, aucune réaction officielle de Carthage et du gouvernement.

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