Martin Ziguélé: «Nous prenons acte du verdict de la Cour constitutionnelle»

Martin Ziguélé.
Martin Ziguélé. © AFP/Issouf Sanogo

Du côté de l'opposition centrafricaine, la COD-2020, la principale plateforme opposée à Faustin-Archange Touadéra réserve pour l'instant ses commentaires en attendant une réunion politique prévue ce mardi 19 janvier. Le président du MLPC, Martin Ziguélé, arrivé troisième lors de ce scrutin avec 7,54% des voix « prend acte » de ces résultats. Il est interrogé par Laurent Correau

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RFI : Comment réagissez-vous à la décision de la Cour constitutionnelle ?

Martin Ziguélé : Nous sommes des républicains et des démocrates. Nous sommes allés à des élections dont nous avons beaucoup contesté la préparation, les modalités d’organisation et finalement, leur exécution dans le climat que vous connaissez. Mais nous sommes des républicains. Nous avons saisi la Cour constitutionnelle. Elle vient de donner son verdict et nous en prenons acte.

Est-ce que ce que vous dites signifie que vous marquez également votre disponibilité pour participer à un nouveau projet ?

Le bureau politique du MLPC ne s’est pas encore réuni et le bureau politique avisera. Il faut que notre nouvel élu fasse une offre politique qui permette à ce pays de renouer avec la paix. 80, maintenant peut-être 90% du pays est occupé, et ce ne sera pas avec des discours, ce ne sera pas avec des fausses promesses qu’on va régler nos problèmes. C’est en étant lucide devant la réalité de notre pays qui est à genoux, qui est un jouet entre les mains de puissances de tous ordres.

Quelle leçon tirez-vous de ce processus électoral tout de même ?

Le processus électoral actuel a été mené de manière extralégale. Mais le problème, c’est que chez nous, de manière rituelle, tous les cinq ans, les processus électoraux ne reflètent pas la vraie position des forces politiques dans ce pays. Il y a beaucoup de tripatouillages, sous l’œil complaisant de tous ceux qui sont censés nous aider à avancer dans la construction de l’État de droit et de la démocratie. Ce problème-là, il faut le régler. Si on ne le règle pas, c’est une hypothèque sur le passage d’un pays de violence à un pays où la vie politique se régule par la démocratie.

Malgré tout, vous reconnaissez la réélection de Faustin-Archange Touadéra ?

La tradition républicaine veut que, lorsque vous êtes président d’un parti politique démocrate, lorsque quelqu’un a gagné les élections, vous reconnaissez ces élections. Et c’est ce que je suis en train de dire.

L’un des enjeux de l’heure, c’est la possibilité d’arriver à une situation de pacification avec la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), l’ensemble des groupes rebelles qui actuellement se battent contre le gouvernement. Comment peut-on réussir à calmer le jeu avec le CPC ?

La première chose qu’il faut faire, c’est qu’il faut avoir une solidarité illimitée dans la maison et la deuxième chose, c’est de solliciter la solidarité sous régionale pour prendre contact avec ceux qui veulent absolument faire la guerre au pays pour que, à l’intérieur du pays et autour de nous, nous ayons la paix.

 

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