Reportage

Le Sénégal face à la deuxième vague de Covid-19, les services de santé sous pression

Un médecin à l'hôpital Pikine de Dakar, le 23 avril 2020.
Un médecin à l'hôpital Pikine de Dakar, le 23 avril 2020. AFP - JOHN WESSELS
Texte par : RFI Suivre
6 mn

L’association des médecins urgentistes met en garde face à l’augmentation des cas graves et des décès, et indique que le virus « se propage à vive allure dans les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack ». L’organisation appelle à redoubler de vigilance dans le respect des mesures barrières, et souligne « l’épuisement » des personnels soignants affectés dans les centres de traitement.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Sur le pont depuis l’apparition du virus au Sénégal, docteur Khady Fall, médecin anesthésiste réanimateur à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, le reconnaît : elle fatigue.

« On est vraiment épuisés. On a commencé depuis le mois de mars et, jusque-là, il n'y a pas eu de repos, il n'y a pas eu de répit. Mais c'est obligatoire de tenir, en fait, devant la menace de morts ou de détresse respiratoire », déplore-t-elle.

Dans la région de Matam, au nord-est du pays, le centre de traitement (CTE) d’Ourossogui accueille les cas graves et dispose de cinq lits de réanimation. Les services sont sous pression. « C'est très difficile, notamment avec un effectif minime », constate l’un des responsables, le docteur Ndiaye Diop. Le personnel tourne dans les différents services hospitaliers, explique-t-il, « aujourd'hui aux urgences, demain au CTE », car « il n'y a pas que le Covid, les autres urgences sont là et il faut les gérer ».

D’où l’appel lancé par l’association des médecins urgentistes du Sénégal. « On voudrait rappeler aux gens que nous sommes sur le terrain, que nous sommes témoins, surtout avant d'arriver à ce moment critique où on ne pourra peut-être plus prendre en charge les patients qui viendront. Donc, on préfère prévenir », explique sa présidente, le docteur Corinne Tchania.

Selon le ministère de la Santé, le Sénégal enregistre à ce jour 546 décès liés à la maladie.

On a doublé, voire triplé nos interventions par rapport à la première vague, c’est clair.

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