RDC: discussions autour des mouvances Katumbi et Bemba pour rejoindre l’Union sacrée

De gauche à droite: Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Alan Doss (fondation Kofi Annan), Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Felix Tshisekedi, Moïse Katumbi et Vital Kamerhe. Genève, 11 novembre 2018.
De gauche à droite: Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Alan Doss (fondation Kofi Annan), Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Felix Tshisekedi, Moïse Katumbi et Vital Kamerhe. Genève, 11 novembre 2018. Fabrice COFFRINI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'informateur nommé par Félix Tshisekedi pour trouver une nouvelle majorité à l'Assemblée a officiellement débuté ses rencontres mercredi, Modeste Bahati Lukwebo compte les achever d'ici une semaine. Des tractations sont donc toujours en cours pour savoir qui fera partie ou non de cette majorité. Dans ce contexte, les députés nationaux d'Ensemble et du MLC, les mouvements de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, démentent que leurs leaders aient tenté de monnayer leur participation. C'est ce qu'avait affirmé Jean-Marc Kabund, leader du parti présidentiel.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Kamanda Wa Kamanda

Les députés proches de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba ont, dans un communiqué conjoint, stigmatisé les paroles de Jean-Marc Kabund. Selon le communiqué, le président intérimaire de l'UDPS affirmait que les deux leaders d’Ensemble pour la république et du MLC auraient exigé d’obtenir : pour l'un la présidence de l'Assemblée nationale et pour le deuxième la primature. Selon Jean-Marc Kabund, la demande aurait été formulée lors de la rencontre du 15 janvier avec le président de la République.

Pour lui ces exigences donnent l'impression que les deux leaders entrent dans l’Union sacrée pour la tuer. Sur les réseaux sociaux circule la vidéo de la rencontre entre Kabund et plusieurs députés de l’Union sacrée. Pour les partisans de Katumbi et Bemba, ces propos n’ont pas été tenus lors de la rencontre avec le chef de l'État.

Les discussions ont porté uniquement sur la rupture avec le changement dans la gouvernance du pays, conclut le communiqué. Ces députés nationaux s'apprêtent à harmoniser leurs vues pour la pétition d'interpellation qui vise le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Une motion devrait être déposée ce vendredi, ont annoncé les élus d'Ensemble de Moïse Katumbi et du MLC de Jean-Pierre Bemba.

Motion de censure contre le Premier ministre

Pour l'initiateur de cette motion de censure, le député Chérubin Okende, proche de Moïse Katumbi, la démarche s'inscrit dans la dynamique même du changement initié par le chef de l'Etat. « Ce n’est que la suite ou le parachèvement de tout un processus pour changer de gouvernance dans notre pays et essayer de tracer des créneaux pour rencontrer les préoccupations, les attentes légitimes du peuple congolais qui souffre de l’insécurité et de la situation économique désatreuse. »

Peut-on alors parler d'une adhésion à l'Union sacrée? « De ce point de vue, nous voulons être catégoriques : la signature de la motion de censure ne veut pas dire adhésion de facto à l’Union sacré qui est encore une réalité virtuelle. Nous voudrions que ce soit une réalité concrète, que nous sachions sur quelle base nous allons nous déterminer. »

La motion de censure destinée à faire tomber le gouvernement du premier ministre Sylvestre Ilunga a de fortes chances d'aboutir. Elle a déjà recueilli plus des 125 signatures requises, et la collecte se poursuit encore. 

 

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