Éthiopie: l’ONU dénonce l’ampleur des abus sexuels au Tigré

L'aide alimentaire distribuée par le gouvernement éthiopien dans la ville de Alamata. (Illustration). Le 11 décembre 2020.
L'aide alimentaire distribuée par le gouvernement éthiopien dans la ville de Alamata. (Illustration). Le 11 décembre 2020. AFP - EDUARDO SOTERAS
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La représentante du secrétaire général des Nations unies en charge des violences sexuelles dans les conflits se dit « très inquiète » suite aux multiples informations en provenance de cette région éthiopienne, en guerre depuis début novembre. Dans un plaidoyer publié ce jeudi, Pramila Patten, dénonce les viols, agressions, le manque d’accès humanitaire pour aider les victimes.

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Avec notre correspondant régional à Nairobi, Sébastien Németh

C’est une description alarmante qu’a diffusé Pramila Patten. La représentante onusienne dénonce un nombre très élevé de viols, notamment à Mekele, la capitale du Tigré. Sous la menace, des individus seraient même forcés de violer des membres de leur propre famille. Profitant des pénuries, des militaires obligeraient aussi des femmes à leur accorder des faveurs sexuelles en échange de produits de base. Dans le même temps, les hôpitaux ont signalé une hausse des demandes de contraception d’urgence et de tests pour les MST. Deux signes « indicateurs de violences sexuelles » selon Pramila Patten.

La représentante a appelé toutes les parties au conflit à appliquer une tolérance zéro pour tous ces crimes et à accorder un accès total aux humanitaires ainsi qu’aux défenseurs des droits de l’homme. Or selon le Bureau de coordination humanitaire de l'ONU (Ocha), malgré deux accords avec les autorités éthiopiennes, l’aide a encore beaucoup de mal à arriver. Environ un tiers des demandes n’est pas approuvé. Les dossiers validés nécessitent de cinq à dix jours d’attente et de paperasse. Quant aux convois obtenant enfin un feu vert, une fois sur le terrain ils se heurtent aux blocages des soldats déployés au Tigré.

Pramila Patten dénonce ainsi les multiples obstacles pour transmettre aux victimes des outils pourtant essentiels. Cela inclut les kits post-viols, qui contiennent sacs plastique, lames de microscope ou encore tubes stériles, destinés à récupérer des preuves en vue d’une enquête. Mais aussi ceux incluant tampons hygiéniques, savon, sous-vêtements, désinfectant ou encore brosse à dents et qu’on appelle « kits de dignité ».

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