Embargo sur les armes, casques bleus... le Conseil de sécurité planche sur la Centrafrique

(illustration) Casques bleus rwandais au nord de Bangui, décembre 2020.
(illustration) Casques bleus rwandais au nord de Bangui, décembre 2020. ALEXIS HUGUET AFP/File
Texte par : RFI Suivre
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Alors que le Conseil de Sécurité des Nations unies a été saisi d'une demande d'augmentation des casques bleus pour la Centrafrique, Bangui réclame de son côté la levée de l'embargo sur les armes. 

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avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

La ministre centrafricaine des Affaires étrangères a eu beau faire valoir que l'embargo sur les armes lourdes imposé à son pays affaiblissait les Faca face aux groupes armés, le Conseil de sécurité est resté dubitatif. Le Royaume-Uni lui a même fait remarquer que toutes les dérogations, réclamées pour armer ponctuellement les Faca, avaient été acceptées. Et en avait déduit que l’embargo n’était pas une excuse valable pour le manque d’action de l’armée.

Si Russie et Chine soutiennent Bangui, les Occidentaux ont eux répété leurs réticences à voir un afflux d'armes risquer de tomber entre les mains des groupes armés. C’est dans ce contexte que s’est réuni, quelques heures plus tard, le comité de sanctions sur la Centrafrique - qui documente les violations de l’embargo.

Or selon des informations que RFI a pu consulter, les experts ont présenté un rapport dénonçant, là aussi, des manquements de l’armée centrafricaine - des disparitions d’armes livrées récemment des stocks des Faca, notamment, qui sont ensuite impossible à retrouver. Enfin, les experts s’inquiètent aussi des liens entre les revenus de l'UPC et le business minier : le groupe armé profiterait de la complicité d’acteurs privés à capitaux étrangers.

Mankeur Ndiaye plaide pour davantage de Casques bleus

Par ailleurs, l'émissaire de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, a réclamé au Conseil de sécurité de l'ONU, une « augmentation substantielle » du nombre de Casques bleus déployés dans le pays, après les récentes attaques meurtrières des principaux groupes armés, qui occupent les deux tiers du territoire.

Mankeur NDiaye n’a pas avancé de chiffre précis, mais il pourrait demander jusqu’à 3 000 hommes supplémentaires, ainsi que des drones, des hélicoptères en plus pour la Minusca. Le représentant de l’ONU en Centrafrique a aussi demandé au Conseil de prolonger la mission des 300 casques bleus rwandais, d’habitude basés au Soudan du Sud, prêtés depuis décembre. Car entre désertions, manque de formation et disparition des armes, les FACA ne sont pas encore assez à la hauteur pour épauler la Minusca. « Il est important que le gouvernement redouble d’efforts, avec un accompagnement plus coordonné et axé de la communauté internationale, à construire des institutions et une gouvernance durable du secteur de la sécurité, y compris dans la gestion des armements et des munitions ».

Le Conseil de sécurité lui a demandé un plan détaillé de ses besoins, et pourrait débloquer des troupes en quelques semaines.

Le dialogue politique, seule issue au conflit ?

Par ailleurs, Mankeur NDiaye a appelé Bangui à tout faire pour sortir de la crise par le dialogue. « La seule réponse durable aux défis actuels est sûrement politique. La réélection du président Touadéra, en effet, va bénéficier à la nation centrafricaine, si seulement le nouvel exécutif va être en mesure d’apaiser les esprits en bâtissant des ponts avec les acteurs politiques de l’opposition. Par ailleurs, un dialogue renoué avec les éléments des groupes armés qui ont opté pour rejoindre la CPC, mais qui n’ont pas commis de crimes graves, pourrait être également utile ».

Le Conseil de sécurité devrait le suivre et faire la même recommandation dans une déclaration officielle ce vendredi. 

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