Centrafrique: les nuits tourmentées des déplacés de Bouar

Installation des réfugiés pour la nuit à l'Eglise sur le site cathédral de Bouar, en Centrafrique, le 22 janvier 2021.
Installation des réfugiés pour la nuit à l'Eglise sur le site cathédral de Bouar, en Centrafrique, le 22 janvier 2021. © Charlotte Cosset / RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Centrafrique, de violents affrontements ont éclaté dans la ville de Bouar les 9 et 17 janvier. Ces violences ont causé des déplacements de population importants soit entre 6 000 et 14 000 déplacés dans la ville. Certains ont trouvé refuge à l’évêché.

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Avec notre envoyée spéciale à Bouar, Charlotte Cosset

L'évêque estime leur nombre à 3 000. Chaque soir, des milliers de déplacés viennent trouver refuge à l'évêché de Bouar pour y passer la nuit. Sandrine et son amie sont en train de préparer les affaires pour dormir. Elles étalent les nattes pour les enfants… « Mais ici, c’est difficile pour manger, pour dormir. C’est difficile pour nous. Et la nuit, nous sommes beaucoup ici. Serrés, serrés, avec les enfants ici, c’est pas facile ».

À côté, Marietta borde son bébé de 21 jours. Chaque nuit est un défi… « On prépare seulement la natte et les bâches pour dormir parce qu’on n’a pas les choses bien. C’est trop dur. On couche sur la natte seulement. On ne dort pas bien, les enfants non plus. Ils ont de la fièvre, il n’y a pas de moustiquaire. Et les bébés non plus ne sont pas bien. Il y a trop de moustiques et il n’y a pas la lumière ici », dit-elle.

Les bruits, le noir et la promiscuité… « On est trop serrées, on est trop nombreuses ici. Donc, c’est pas facile pour nous. Nous dormons aussi avec des hommes qu’on ne connaît pas et ça cause beaucoup de problèmes. On ne se sent pas bien avec les hommes mélangés », ajoute Marietta.

Le soleil est en train de se coucher. Les déplacés rentrent doucement s’installer pour la nuit. Un rayon de soleil déchire les vitraux de l’Église… avant que ne gagne l’obscurité.

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