Législatives en Côte d’Ivoire: tour d'horizon des forces en présence

Une vue de la ville d'Abidjan. (Photo d'illustration)
Une vue de la ville d'Abidjan. (Photo d'illustration) © Craig Pershouse / Getty Images
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Côte d’Ivoire, les candidats aux législatives du 6 mars avaient jusqu’au vendredi 22 janvier pour déposer leur dossier. 255 sièges sont en jeu pour un scrutin qui marque le retour dans la bataille électorale du FPI pro-Gbagbo, après dix ans de boycott de toutes les élections.

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Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

C’est l’image de cette soirée de vendredi à la CEI : le directeur exécutif du RHDP Adama Bictogo et le président de la plateforme pro-Gbagbo EDS Georges Armand Ouegnin se saluant du coude, ironisant sur leur future victoire respective.

Le RHDP a aligné partout des candidats, parmi lesquels plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre en tête. Hamed Bakayoko est candidat à Séguéla dans le nord-ouest du pays.

Côté opposition, ces dernières semaines auront été houleuses. EDS et le PDCI se sont entendus sur une répartition des circonscriptions pour mettre toutes les chances de leur côté. EDS présente 95 candidats dans 23 des 33 régions et districts, en évitant les régions d’implantation traditionnelle du PDCI.

Une centaine de candidats EDS

A Abidjan la plateforme pro-Gbagbo concentre le feu sur Youpougon ou elle convoite 4 des six sièges. Y sont notamment candidats, le président d’EDS Georges Armand Ouegnin, et Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président. Toujours à Abidjan, Justin Koné Katinan et Damana Pickass, tous deux toujours exilés au Ghana, essaieront de conquérir des sièges respectivement à Port Bouet et Marcory. Les deux hommes devraient donc faire leur retour dans les jours qui viennent .

Parmi les autres têtes d’affiche, l’ancien ministre de la Fonction publique de Laurent Gbagbo, Hubert Oulaye est candidat à Guiglo, l’ancien ministre de la Défense, Moise Lida Kouassi à Lakota, et Laurent Akoun à Alépé. A Gagnoa commune, Dano Djedje briguera l’un des deux sièges en jeu. Quant à Marie Odette Lorougnon, elle est candidate à Gagnoa  sous-préfecture. Elle aura face à elle le sortant et numero 2 du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, seule anicroche dans l’alliance entre les deux partis.

Pour le reste en effet les pro-Gbagbo laissent le centre du pays à leurs alliés. Aucun candidat à Yamoussoukro ni dans la région du Belier qui entoure la capitale politique. Pas de candidat non plus à Daoukro ou dans les région de l’Iffou, du Moronou ou du N’zi. Enfin EDS ne se risque pas dans les régions du nord, fief traditionnel du RHDP, à part à Korhogo ou la plateforme brigue deux des 4 sièges.

Une alliance qui passe mal

Mais cette alliance PDCI-EDS a fait des mécontents. Vendredi, l’URD, petit parti d’opposition a dénoncé cette entente bilatérale, au détriment des autres formations. « Oubliées les listes communes… Sous l’impulsion hégémonique des deux grands partis, […] les alliés sont écartés sans ménagement, avec beaucoup de mépris », déplorait sa présidente Danièle Boni Claverie.

En début de semaine, le FPI de Pascal Affi N’Guessan formulait les mêmes critiques. Le FPI a donc décidé de faire cavalier seul dans ces élections et d’aligner une soixantaine de candidats, dont son président Pascal Affi N’guessan à Bongouanou dont il est député sortant.

Quant aux soroïstes, ils sont plusieurs à se présenter en indépendants alors que leur mouvement, GPS, officiellement ne participe pas à ce scrutin.

La Commission électorale a jusqu’au 31 janvier pour examiner ces candidatures, avant de les soumettre au Conseil constitutionnel pour validation.

► À lire aussi : Côte d’Ivoire: fin des dépôts des candidatures pour les législatives du 6 mars

 

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