Somalie : les familles exigent des explications sur le sort de soldats disparus au Tigré


Membre des forces spéciales d'Amhara, qui soutiennent l'armée fédérale éthiopienne, à Humera, Tigré, le 22 novembre 2020.
Membre des forces spéciales d'Amhara, qui soutiennent l'armée fédérale éthiopienne, à Humera, Tigré, le 22 novembre 2020. EDUARDO SOTERAS AFP/Archivos
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Somalie, des centaines de familles sont en colère contre leur gouvernement. Des mères ont exigé, jeudi 21 janvier, que le pouvoir donne des explications sur le sort de plusieurs centaines de soldats somaliens disparus. Lundi dernier, l’ancien chef adjoint de l’agence somalienne des renseignements avait affirmé que de nombreux militaires somaliens avaient été secrètement engagés dans le conflit au Tigré et tués.

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Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Les mères des soldats disparus remuent ciel et terre pour retrouver leurs fils et la pression politique monte autour du président Farmajo.

Lundi, un ancien chef adjoint de l’Agence des renseignements a accordé une interview explosive. Abdisalam Guled a affirmé que 370 jeunes recrues somaliennes, âgées de 20 à 30 ans et formées en Erythrée, avaient été secrètement envoyées au Tigré et tuées dans les combats.

Sans apporter de preuve concrète, il a simplement cité des sources militaires éthiopiennes. L’affaire a créé le scandale.

Des familles, n’ayant plus de nouvelles de leurs enfants, ont saisi les politiques. Le Comité parlementaire des Affaires étrangères a écrit au président Farmajo pour demander des explications, exiger la publication des noms des recrues formées en Erythrée et leur retour à Magodiscio.

Le lendemain, le ministre de l’Information, Osman Abubakar Dubbe, a nié l’engagement de ces Somaliens dans le conflit éthiopien, parlant de « rapports fabriqués de toutes pièces, destinés à détourner l’attention ».

Le scandale n’en restera probablement pas là, tant que les familles n’ont pas de nouvelles de leurs enfants.

En attendant, il pourrait s’agir d’une preuve supplémentaire que la guerre au Tigré, décrite comme un problème interne, par Addis-Abeba, est bien devenue une crise régionale.

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