Centrafrique: un ancien commandant de l'ex-Seleka remis à la CPI

Mahamat Said Abdel Kani est le premier ex-Seleka à être remis à la CPI. (Image d'illustration)
Mahamat Said Abdel Kani est le premier ex-Seleka à être remis à la CPI. (Image d'illustration) AFP PHOTO / PACOME PABANDJI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les autorités centrafricaines ont remis à la Cour pénale internationale (CPI) un ancien commandant de l’ex-Seleka, dimanche 24 janvier au soir. Il s’agit de Mahamat Said Abdel Kani. Il est soupçonné de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. C’est le premier ex-Seleka à être remis à la CPI.

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Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

Le mandat d’arrêt de la CPI contre Mahamat Said Abdel Kani date de janvier 2019. Cela faisait donc deux ans que la Cour le réclamait lorsqu’il a été arrêté mercredi dernier, à Bria, sa ville de naissance, dans l’est de la Centrafrique.

Âgé de 50 ans aujourd’hui, Mahamat Said Abdel Kani est réputé avoir été très proche en 2013 de Michel Djotodia, alors chef de la Seleka lors du conflit sanglant qui l'a opposée à des milices anti-balaka, après le renversement de l’ancien président François Bozizé. Par la suite, il sera un membre influent du FPRC de Noureddine Adam, l’un des mouvements nés de l’éclatement de l’ex-rébellion fin 2014.

Ces derniers temps, selon l’un des porte-parole du FPRC, « il n’occupait plus de fonction militaire » et s’était « reconverti dans la politique ». Il était candidat aux législatives de décembre.

Le détail de ce qui lui est reproché n’est pas encore connu. Mais la CPI le soupçonne de plusieurs crimes contre l’humanité et crimes de guerre : « emprisonnement, torture, persécution » ou encore « disparitions forcées », selon le communiqué diffusé par la Cour ce dimanche soir.

Détenu quelques jours au camp de Roux à Bangui suite à son arrestation, il va désormais rejoindre en prison à La Haye deux autres acteurs de la crise centrafricaine de 2013, qui évoluaient alors dans le camp opposé : les deux anciens chefs anti-balaka Edgard Ngaïssona et Alfred Yekatom, dont le procès doit s’ouvrir devant la CPI le 9 février.

Le Premier ministre centrafricain firmin Ngrebada s’est félicité de cette arrestation. « Tout sera fait pour que justice soit rendue aux nombreuses victimes des crimes commis en République Centrafricaine », a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux. L'ONG Human Rights Watch a également salué cette arrestation.

Tout d’abord, c’est la première arrestation et transfert de quelqu’un du coté Seleka. Depuis l’arrestation de Patrice Ngaïssona et Alfred Yekatom, des gens à Bangui disent que la justice de la CPI est la justice d’un côté : "ils sont très contents d’arrêter des anti-balaka mais où sont les responsable Seleka ?" Donc à partir de maintenant, on peut dire que c’est une justice équitable.

Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch

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