Mozambique: le HCR alerte sur la crise humanitaire dans le Cabo Delgado

Des dizaines de milliers de civils ont fui les violences dans la province de Cabo delgado, dans le nord du Mozambique.
Des dizaines de milliers de civils ont fui les violences dans la province de Cabo delgado, dans le nord du Mozambique. Alfredo Zuniga AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le ministre des Affaires étrangères portugais, dont le pays préside en ce moment l’UE, a passé trois jours au Mozambique en cette fin de semaine. Il a été question des rapports UE-Maputo, notamment sur la question sécuritaire, qui inquiète toujours davantage. La multiplication des attaques jihadistes dans le nord du pays, le Cabo Delgado, « aggrave la crise humanitaire », alertent au même moment les Nations unies.

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En 2020, le nombre de déplacés est passé de 90 000 à plus de 565 000. 2 500 personnes au moins ont été tuées. Les principaux responsables de l'ONU en Afrique australe ont communiqué ensemble leur inquiétude, exhortant la communauté internationale à agir.

Parmi eux, le Burkinabè Valentin Tapsoba, directeur du bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés pour l’Afrique australe, qui s'est récemment rendu dans le nord du Mozambique. « La situation actuelle est extrêmement urgente, a-t-il alerté. La communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire, sinon les bilans vont enfler et on comptera les morts par dizaines de milliers. »

Parmi les sujets qui l’inquiètent, Valentin Tapsoba a notamment évoqué « tous ces jeunes déplacés sans occupation ». « Ils ne vont pas à l’école, et si rien n’est fait, le Mozambique héritera d’une génération perdue », a-t-il estimé. Il a également pointé « les conditions d’abri préoccupantes » de ces déplacés, dont 90% « restent avec des familles d’accueil, qui reçoivent de façon désintéressée des membres de leur famille, des amis, et parfois des étrangers ».

« Cela a de sérieuses conséquences sur leurs déjà maigres ressources, et sur le manque de place. J’ai visité une famille à Pemba qui accueillait 66 personnes. Les déplacés dormaient tous par terre dans la même pièce et partageait un seul toilette. Vous comprenez les problèmes de promiscuité et d’hygiène que cela pose. »

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