Afrique du Sud: quand le « docteur La Mort » refait surface

(Archive de 2012) Wouter Basson comparaît devant l’Ordre des médecins en Afrique du Sud.
(Archive de 2012) Wouter Basson comparaît devant l’Ordre des médecins en Afrique du Sud. YOAV LEMMER
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C'est l'indignation en Afrique du Sud. Le docteur Wouter Basson, surnommé « docteur La Mort », qui a travaillé pour le régime de l'apartheid, notamment en tant que chef d'un programme d'armes biologiques et chimiques, est toujours en exercice dans deux hôpitaux de la province du Cap-Occidental. Une information qui a suscité la polémique toute la semaine dernière.

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Le groupe hospitalier Mediclinic a bien tenté de se dépêtrer de la polémique, en affirmant ne pas être responsable de l'autorisation d'exercer de Wouter Basson. « Nous ne pouvons pas interdire aux médecins inscrits au Conseil de l'ordre d'exercer... à moins que la loi ne les en empêche », écrivait le groupe sur Twitter. Une explication qui n'a pas convaincu. Les messages indignés se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

Car le cardiologue de 70 ans, ancien médecin personnel de Pieter Botha, chef de l'État pendant l'apartheid, a été le maître d'œuvre d'un projet de développement d'armes chimiques et biologiques des services secrets. Baptisé « Project Coast », ce programme ciblait les opposants au régime. Exemple de recherches : un vaccin pour tenter de stériliser les femmes noires, des cigarettes à l'anthrax ou encore des venins et poisons dissimulés dans divers objets du quotidien. Project Coast couvrait également un vaste trafic de drogues.

En 2013, le Conseil de l'ordre des médecins l'avait reconnu coupable d'infraction au code éthique au terme d'une très longue instruction (ouverte en 2007), sans pour autant le radier de la profession.

► À lire aussi : Afrique du Sud : le « Docteur La Mort » devant l’ordre des médecins

Après la chute du régime d'apartheid, Wouter Basson avait refusé de coopérer avec la Commission vérité et réconciliation, mise en place pour recenser les crimes de ce régime ségrégationniste et permettre la réconciliation entre les bourreaux et leurs victimes. Même en échange de l’amnistie politique. C'est cette commission qui avait révélé au grand public l'existence du programme secret « Project Coast ». 

En avril 2002, la justice sud-africaine l'avait déjà acquitté de 46 chefs d’inculpation, à l'issue d'un procès-fleuve de deux ans et demi durant lequel des centaines de témoins avaient pourtant défilé pour raconter les poisons que « Project Coast » avait tenté de mettre au point pour tuer spécifiquement les Noirs.

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