RDC: des pêcheurs congolais enlevés par des anti-balaka centrafricains dans le nord du pays

La rivière Oubangui vue de Bangui, Centrafrique. (Image d'illustration)
La rivière Oubangui vue de Bangui, Centrafrique. (Image d'illustration) Wikimedia
Texte par : RFI Suivre
2 mn

L’inquiétude de la société civile du Nord-Ubangi, en RDC, après le kidnapping de six pêcheurs congolais par des miliciens anti-balaka centrafricains. Les pêcheurs ne sont pas rentrés chez eux le 18 janvier, dans la localité de Mogoro, toute proche de Gbadolite. Les autorités provinciales confirment ces kidnappings qu'elles attribuent aux miliciens centrafricains.

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Avec notre envoyée spéciale à Kinshasa, Sonia Rolley

Pour le président de la société civile du Nord-Ubangi, ce kidnapping est une première. D’habitude, explique-t-il, les anti-balaka, qui se trouvent juste de l’autre côté de la rivière, se contentent de racketter les pêcheurs congolais, de leur prendre argent et téléphones portables avant de les libérer. Mais cette fois, l’affaire est plus grave.

Les six pêcheurs ont été kidnappés sur l’îlot congolais de Pito et ramenés de l’autre côté de la frontière, explique encore le président de la société civile. Il ajoute qu'un général auto-proclamé anti-balaka réclame comme rançon, par pêcheur, des chèvres et une somme mirobolante que leurs proches sont incapables de payer. Ces six pêcheurs se trouveraient dans la base arrière des anti-balaka de la localité de Yeu, préfecture de Basse-Koto.

Au fil des jours, l’inquiétude grandit, puisque parmi les pêcheurs figurent deux mineurs, l’un de dix ans et l’autre de quatorze. Les premières informations sont venues d’un septième pêcheur qui se serait échappé et parle de mauvais traitements. Lui-même a été blessé, selon la société civile.

Les autorités provinciales se disent informées de cette situation et confirment qu’il s’agit là d’un fait rare et que des discussions ont été engagés pour « ramener ces compatriotes ». Elles déplorent le caractère incontrôlé des anti-balaka qui « n’ont pas les moyens de se ravitailler et ne vivent que des tracasseries infligées à ceux qui s’aventurent sur la rivière Oubangui. »

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