Centrafrique: les groupes armés écartent plusieurs de leurs membres, dont un ministre

Un membre de l'ancienne rébellion Seleka pose avec son arme à Bambari, en mai 2015.
Un membre de l'ancienne rébellion Seleka pose avec son arme à Bambari, en mai 2015. AFP PHOTO / PACOME PABANDJI
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Centrafrique, le ministre de l’Élevage ainsi qu’un conseiller spécial à la présidence, tous deux issus de groupes armés membres de la coalition CPC, ont été sanctionnés par leur mouvement ces dernières 48 heures. Nommés à des fonctions officielles suite à l’accord de paix de Khartoum de 2019, ils sont accusés d’avoir trahi leur mouvement, et de complicité avec le pouvoir dans le but d'affaiblir la coalition rebelle.

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Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

Premier à être sanctionné, le ministre de l’Élevage Hassan Bouba. Son groupe armé l’UPC annonce sa radiation et l’accuse d’avoir usurpé la signature de son chef Ali Darassa pour faire paraître un faux communiqué dans lequel le chef rebelle semblait condamner les offensives menées par la rébellion CPC et réaffirmer au contraire son soutien à l’accord de Khartoum. Idem pour Aboulkassim Algoni Tidjani, ex-coordonnateur politique du groupe armé MPC, aujourd’hui conseiller spécial à la présidence, et accusé lui aussi par son mouvement d’être l’auteur d’un faux communiqué.

Jeudi dernier, la coalition CPC avait accusé le pouvoir de Bangui d’être derrière ces faux documents. Elle dénonçait alors une stratégie destinée selon elle à « démobiliser » ses troupes et à « fragiliser la cohésion » a sein de la coalition. « Quoi que je fasse, des deux côtés, on me considère comme un traitre », a réagi ce lundi Aboulkassim Algoni Tidjani. Surtout, dit-il, depuis qu’en décembre dernier peu après la signature de l’acte de naissance de la CPC, il aurait été dépêché par la présidence aux côtés de Valéry Zakharov conseiller spécial de Touadéra en matière de sécurité, pour rencontrer Mahamat al-Khatim le chef du MPC, et tenter de le convaincre de « réintégrer l’accord de Khartoum ».

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