Sénégal: atteint d'une maladie rare, un étudiant va être opéré en France

Le centre de traitement des épidémies de l’hôpital de Fann, à Dakar. (Image d'illustration)
Le centre de traitement des épidémies de l’hôpital de Fann, à Dakar. (Image d'illustration) AFP/John Wessels
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Sénégal, une affaire a suscité un élan de solidarité nationale et au sein de la diaspora. Sadio Ousmane Diedhiou, étudiant en médecine atteint d’une maladie rare, une aplasie médullaire, est arrivé en France ce 26 janvier. Son traitement au CHU de Bordeaux sera pris en charge grâce à une collecte lancée par ses proches et la participation de l’État sénégalais. Selon son comité de soutien, quelque 273 millions de francs CFA, soit environ 415 000 euros, ont été mobilisés pour son évacuation et son hospitalisation.

Publicité

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Tout a commencé par du porte-à-porte. Pape Mor Lô, ami d’enfance de Sadio Ousmane Diedhiou, alias « SOD », ne s’attendait pas à un tel mouvement de solidarité. « Personnellement, lorsque je lui ai demandé "quel est le montant qui va te soigner ?", j’ai passé une nuit sans dormir, se souvient-il. Nous avons mobilisé au niveau de notre quartier, sillonné les marchés ».

Le cas de « SOD » est devenu une « question d’intérêt public », selon son comité de soutien, qui a fait les comptes et a réuni au total presque 273 millions de francs CFA, dont 120 millions de la part de l’État sénégalais, mais aussi venant de contributeurs de l’étranger, d'Espagne, du Canada ou encore du Japon. La somme a été virée sur le compte personnel de l’étudiant, souligne le collectif.

Pouvoir se soigner à terme au Sénégal

En visioconférence depuis Bordeaux, le docteur Khadim Ngom, qui a accueilli l’étudiant le 26 janvier en vue d’une greffe de moelle osseuse, revient sur « ce serment d’Hippocrate qui nous est si cher et qui nous rappelle qu’il faut s’occuper de nos collègues ».

Pour le responsable du comité de collecte, le docteur Makhan Danfakha, cette mobilisation doit aussi faire réfléchir à la prise en charge sur place de certaines maladies. « Il va falloir qu’on revoie les priorités en matière de santé. Il est important qu’on puisse développer des plateaux techniques qui permettront vraiment de pouvoir se soigner ici, dans notre pays », estime-t-il. Après un isolement de sept jours, une mesure liée au Covid-19, le traitement de « SOD » pourra débuter.

À lire aussi : Sénégal: avec #biirhopital, les étudiants en médecine protestent contre leurs conditions de travail

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail