Centrafrique: des habitants dénoncent les violences des groupes armés à Bouar

Vue aérienne de la ville de Bouar, en RCA.
Vue aérienne de la ville de Bouar, en RCA. © Adrien Blanc/wikimedia
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Centrafrique, la ville de Bouar dans l’ouest du pays, située sur le corridor d’approvisionnement de Bangui, a fait l’objet de violents affrontements les 9 et 17 janvier. Des affrontements qui ont conduit à l’arrivée de membres de groupes armés dans la ville. Créant des problèmes d’insécurité. Des violences qui touchent aussi les acteurs et infrastructures humanitaires. Fin décembre, ils ont été victimes de nombreux pillages, ayant pour conséquence la réduction ou la suspension de leurs activités à Bouar. 

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Avec notre envoyée spéciale à Bouar, Charlotte Cosset

« Les groupes armés de la rébellion ont pris tous mes téléphones. Ils m'ont un peu menacé. Tu donnes ce que tu as, si tu ne donnes pas toi aussi tu sais. Ils te tapent souvent, comme ça. »

Les cas comme ceux-là semblent courants dans les quartiers. Un autre habitant de Bouar témoigne : « Marcher dans la ville avec les armes, c’est pas tout le monde qui est habitué à voir ça et à surmonter de pareil cas. Ce sont des difficultés. Et en plus depuis qu’ils sont là, au début, ils ne dérangent pas les gens, ils ne font que faire leurs patrouilles. Et ils sont là avec leurs chefs qui les commandent. Ils ne dérangent pas au début. Mais je vois qu’ils n’ont pas d’argent pour acheter leur nourriture, donc ils sont obligés de braquer les gens, prendre leurs téléphones, prendre aussi des motos. Des cas de motos volées ont été signalées plusieurs fois dans le quartier. »

Du racket, mais aussi des agressions sexuelles. Cette jeune fille de 14 ans dit avoir été violée par des acteurs armés. « Pendant que je fuyais, j’ai été attrapée par ces hommes, l’homme portait un pullover rouge. Ils portaient une arme. Ils m’ont dit de ne pas crier… » Des cas qui semblent en progression mais il est difficile d’évaluer leur nombre. Les femmes ont peur de témoigner, explique la sœur de cette victime.

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