AstraZeneca: l'Afrique du Sud suspend le démarrage de sa campagne de vaccination

Le vaccin n’aurait une efficacité que de 22% pour les formes peu graves du variant du Covid-19 en Afrique du Sud.
Le vaccin n’aurait une efficacité que de 22% pour les formes peu graves du variant du Covid-19 en Afrique du Sud. ALAIN JOCARD AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors que les premières doses du vaccin AstraZeneca sont arrivées en Afrique du Sud la semaine dernière, une étude locale auprès de 2 000 volontaires – mais pas encore publiée dans une revue scientifique –, vient de montrer sa moindre efficacité sur le variant « 501Y.V2 » découvert dans le pays. Le gouvernement a donc, dimanche 7 février au soir, annoncé la révision de sa stratégie vaccinale contre le Covid-19.

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Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès

Cette étude, réalisée par l'université du Witwatersrand à Johannesburg et pas encore examinée par des pairs, montre une efficacité moindre du vaccin AstraZeneca pour les formes modérées de la maladie provoquées par le variant local. Des résultats décevants, alors que ce variant concerne plus de 90% des nouvelles infections dans le pays, selon les chercheurs. Le vaccin n’aurait une efficacité que de 22% pour les formes peu graves, sans que des résultats soient pour l’instant disponibles pour les formes sévères.

C’est un revers pour le gouvernement, car c’est pour l’instant le seul vaccin arrivé dans le pays, et il devait permettre de vacciner en priorité le personnel soignant d’ici les prochains jours. Le ministre de la Santé a donc suspendu son utilisation, et il mise désormais sur le vaccin de Johnson&Johnson, qui montre des résultats cliniques bien meilleurs face au variant. Les premières doses, ainsi que des doses du vaccin Pfizer, sont attendues d’ici quatre semaines.

Quant au million de doses d’AstraZeneca que possède désormais le pays, le gouvernement attend plus d’indications de la part des scientifiques, avant de prendre une décision sur leur utilisation. Mais il faudra faire vite, car elles seront périmées au-delà d’avril.

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• Une étude qui suscite le débat

Ce travail comporte plusieurs lacunes. Ses résultats n'ont tout d'abord pas encore été validés par la communauté scientifique et n'ont été présentés qu'en conférence de presse.

L'objectif était de démontrer une efficacité supérieure à 60% du vaccin contre les formes symptomatiques du Covid-19 provoquées par le variant sud-africain. Mais un peu moins de 1 800 personnes y ont participé, pour seulement 42 cas recensés. C'est trop peu pour être statistiquement significatif. Avec ces chiffres, il est impossible de tirer une conclusion définitive.

Autre écueil : les personnes recrutées sont jeunes, 31 ans en moyenne, et présentaient peu de comorbidités. Elles ne font donc clairement pas partie des populations à risque de développer une forme grave. Cette étude ne donne donc aucune information sur l'efficacité du vaccin pour les prévenir.

Pour ces cas-là, les seules données disponibles sont celles de l'essai clinique de Johnson&Johnson, qui concluait à 85% d'efficacité du vaccin pour empêcher ces formes graves, ainsi que les hospitalisations.

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