Éthiopie: HRW accuse l'armée de crimes de guerre au Tigré

Un tank des forces tigréennes abandonné près de Mehoni, dans le sud du Tigré, en Ethiopie, le 11 décembre 2020.
Un tank des forces tigréennes abandonné près de Mehoni, dans le sud du Tigré, en Ethiopie, le 11 décembre 2020. AFP - EDUARDO SOTERAS

Le conflit a été déclenché en novembre avec l’offensive lancée par le gouvernement fédéral contre la province dirigée par un mouvement autonomiste, le TPLF. Dans une enquête publiée ce jeudi, l’organisation de défense des droits humains assure que les militaires ont frappé de manière indiscriminée des cibles civiles.

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On essayait de comprendre quelles auraient pu être les cibles. Et on a trouvé aucune évidence, que les cibles avaient, en fait, une valeur militaire. Donc je pense que c’est vraiment une question à laquelle le gouvernement éthiopien doit répondre : quelles étaient les cibles militaires ? On a aussi trouvé à Mekele, que les forces spéciales de Tigré étaient parties de la ville, avant que les bombardements ne commencent. Les hôpitaux ont été vite submergés. Il y a eu beaucoup de gens qui ne pouvaient pas avoir accès aux hôpitaux. On a parlé avec des gens qui enterraient très rapidement les corps, mais on pense vraiment que ce nombre de morts et de blessés pourrait être beaucoup plus élevé. Il y a encore des restrictions sur le mouvement. Les gens ont très peur de bouger. Donc on a aussi peur que les individus qui sont blessés n’aient pas accès aux centres de santé qui eux-mêmes aussi ont été ciblés au cours des attaques initiales mais aussi au cours de pillages significatifs dans les trois derniers mois.

Laetitia Bader, directrice de HRW pour la corne de l’Afrique

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