Burundi: indignation après la condamnation de 34 personnalités en exil

Un policier dans une rue de Bujumbura. (image d'illustration)
Un policier dans une rue de Bujumbura. (image d'illustration) AFP PHOTO / Landry NSHIMIYE

Trente-quatre personnalités burundaises en exil, dont des opposants politiques, des figures de la société civile et des célèbres journalistes, ont été condamnées, provoquant l’indignation des défenseurs des droits de l’homme. Ces condamnations, tenues secrètes depuis des mois, ont été rendu public par voie d’affichage la semaine dernière, le jour même où le dialogue politique entre l’UE et le Burundi reprenait.

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Officiellement, les 34 personnalités en exil ont été condamnées il y a plus de 7 mois, le 23 juin précisément, si l'on en croit un document officiel signé par le greffier de la Cour suprême, et affiché publiquement le jour même où le dialogue gouvernement-Union européenne reprenait après six ans d'interruption.

Problème : un autre document signé de la propre main du président de la Cour suprême, Emmanuel Gateretse, ce même 23 juin, avait renvoyé le prononcé du verdict dix jours plus tard.  Que s'est-il passé ? Comment la justice burundaise explique-t-elle ce couac ? Aucun responsable n'a voulu réagir à nos sollicitations.

Certains parmi les défenseurs des droits de l’homme se demandent quand a bien pu avoir lieu ce procès dont personne n’a jamais entendu parler, même parmi leurs contacts au sein du ministère burundais de la Justice.

Mais tout le monde est d’accord sur un point : ça n’est pas un hasard si ce verdict a été rendu public le jour même où les discussions en vue de la levée des sanctions européennes ont repris. D’autant que Bruxelles demande entre autres à Gitega, la fin de l’intolérance politique, la réhabilitation de la société civile et des médias détruits en 2015, ou encore le retour au pays de toutes ces personnalités en exil.

En les condamnant à la prison à perpétuité, le pouvoir burundais a voulu rappeler à l’Union européenne que ces questions constituent pour le moment « une ligne rouge » à ne pas franchir, explique une source diplomatique.

Les principales organisations de la société civile burundaise en exil ont sorti un communiqué, dénonçant une « parodie de justice » qui visent à les faire taire.

 

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