G5 Sahel: la France restera présente militairement dans les prochains mois

Un soldat français de l'opération Barkhane Force debout sur une base FAMa (Forces armées maliennes) avec le mont Hombori en arrière-plan.
Un soldat français de l'opération Barkhane Force debout sur une base FAMa (Forces armées maliennes) avec le mont Hombori en arrière-plan. © AFP/Daphné Benoît
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le président français appelle à décapiter les groupes jihadistes affiliés à al-Qaïda au Sahel. Emmanuel Macron s'est exprimé après avoir participé par visio-conférence au sommet de Ndjamena, avec ses homologues du G5 sahel. L’événement était l'occasion de dresser le bilan des actions menées depuis le sommet de Pau, il y a un an, en France. Et le président français a aussi annoncé qu’il n’y aura pas de réduction des effectifs de l'opération militaire française Barkhane, dans les prochains mois.

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« Dans les mois qui viennent notre présence militaire au Sahel ne changera pas et nous allons lancer d'autres opérations majeures », assure Emmanuel Macron. La force Barkhane restera donc composée d'un peu plus de 5 000 soldats, et le renfort de 600 hommes décidé il y a un an à Pau reste par conséquent d'actualité.

Le retrait, une erreur...

Pourtant ces dernières semaines, fort des succès obtenus face à l'État islamique au Grand Sahara, désigné ennemi numéro un, l'Élysée a réfléchi à réduire l'empreinte militaire française. La mission a été remplie, se félicite le chef de l'État. Après un an d'effort, le groupe terroristes est désormais durablement affaibli.

Alors le président Macron s'en explique : l'effort militaire aboutit à des victoires et il a permis de sauver une seconde fois le Sahel, retirer massivement des hommes de Barkhane serait une erreur, estime-t-il aujourd'hui avant d'ajouter : « Nous fragiliserions les efforts accomplis jusque-là. »

Prochaine évolution

Si Barkhane, dans son format actuel, reste donc en place, le président ne renonce à une prochaine évolution. De nouvelles décisions seront prises à l'été, indique-t-il, lors d'un prochain sommet.

D'ici là, le chef de l'État veut des résultats militaires, cette fois contre al-Qaïda au Maghreb islamique et singulièrement contre la haute hiérarchie des katibas qui lui sont affiliés, celle de Iyad Ag Ghali et la katiba Macina d'Amadou Koufa, un préalable pour espérer dans quelques mois un désengagement français.

Emmanuel Macron, président français

L'arrivé de 1200 soldats tchadiens, très aguerris, va permettre de soulager Barkhane dans cette région. La force européenne Takuba pourra servir d'appui.

« Notre objectif est d'arriver à 2000 hommes pour Takuba, avec un pilier français autour de 500 hommes dans la durée, et une coopération avec les armées de la région, en appui, ce qui est une logique différente de celles des Opex. Nous ne le ferons pas tout de suite, mais c'est ainsi que je nous projette dans la durée, parce que je pense que c'est cohérent. »

L'objectif est d'éliminer seulement les groupes qui menacent la stabilité de la région, précise Emmanuel Macron, appelant de ses voeux un sursaut politique après, espère-t-il, ce dernier sursaut militaire au Sahel.

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