Algérie: premières libérations de militants du Hirak

Des Algériens portant un drapeau national se sont rassemblés devant la prison de Kolea près de la ville de Tipasa, le 19 février 2021.
Des Algériens portant un drapeau national se sont rassemblés devant la prison de Kolea près de la ville de Tipasa, le 19 février 2021. AFP - RYAD KRAMDI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Suite aux annonces du président Tebboune, plus d'une trentaine de détenus d’opinion ont été libérés ce vendredi, à trois jours du 2e anniversaire du Hirak.

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« Au total, 33 personnes ont été libérées jusqu'ici. Les procédures sont en cours pour le reste », a indiqué un communiqué du ministère de la Justice sans préciser leurs noms.

Parmi les personnes libérées figure le journaliste Khaled Drareni, condamné à deux ans de prison en septembre dernier et devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie.

Ces libérations font suite à la grâce présidentielle accordée à une cinquantaine de militants du Hirak, annoncée jeudi par le président algérien. Elle concerne notamment une trentaine de personnes condamnées en début de semaine à des peines allant jusqu’à 2 ans de prison ferme.

Dans son discours à la nation jeudi, Abdelmadjid Tebboune a affirmé qu' « entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de (jeudi) soir ou demain (vendredi) leurs familles », en référence aux détenus graciés, sans divulguer de noms. Selon le CNLD, quelque 70 personnes sont en prison en lien avec le Hirak ou les libertés individuelles. Et dès les premières heures du jour, familles, proches, journalistes et militants se sont rassemblés devant la prison de Koléa, à l'ouest d'Alger.

Cette grâce, avec l’annonce de la dissolution du Parlement et l'organisation d'élections législatives anticipées, s’inscrit dans la tentative du chef de l’État de calmer la fronde politique et sociale qui couve dans le pays et « d’essayer de couper l’herbe sous le pied des mobilisations », estime l'analyste de l'International Crisis Group et spécialiste de l'Algérie, Michaël Ayari. En effet, alors que le mouvement s’apprête à célébrer son deuxième anniversaire, l’exécutif craint de nouvelles mobilisations.

On sent qu’il y a une volonté de décourager, de démobiliser. C’est qu’il y a une certaine crainte.

Michaël Ayari, analyste de l'International Crisis Group et spécialiste de l'Algérie

 

(Avec AFP)

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