Climat : les jeunes Malgaches se mobilisent pour repenser le monde d'après

Pendant deux jours, le Réseau Climat Océan Indien organise des ateliers dans trois grandes villes de Madagascar pour repenser l'économie et les modes de consommation en cette période de pandémie et de crise mondiale.
Pendant deux jours, le Réseau Climat Océan Indien organise des ateliers dans trois grandes villes de Madagascar pour repenser l'économie et les modes de consommation en cette période de pandémie et de crise mondiale. © Laetitia Bezain/RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les jeunes Malgaches se mobilisent pour le développement durable et la lutte contre le changement climatique. Vendredi et jusqu'à samedi après-midi se tient un atelier baptisé « Le monde d'après. » Deux jours pour repenser l'économie et les modes de consommation en cette période de pandémie et de crise mondiale.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Organisée par le Réseau Climat Océan indien, cet atelier réunit des jeunes de trois grandes villes du pays : Antananarivo, Tamatave et Diego Suarez. La créativité et l'innovation de la jeunesse malgache a toute sa place pour apporter de nouvelles solutions respectueuses de l'environnement, explique cette plateforme qui regroupe une trentaine d'associations à Madagascar mais aussi aux Comores, à Mayotte et à La Réunion.

Tri, compostage, bacs à ordure avec instructions... Sur de grands panneaux, novices ou jeunes plus sensibilisés au développement durable planchent sur des solutions pour répondre à l'épineux défi de la gestion des déchets. Un problème qui concerne toute la Grande Île et que les pouvoirs publics peinent à résoudre.

Conscient de ces impacts, à 27 ans, Andritiana Rafalimanana, s'est lancé, après ses études, dans l'entrepreneuriat durable avec la transformation de produits alimentaires. Il a baptisé sa petite société « Lucide Transformateur Entrepreneur ». « Il faut toujours prendre conscience qu'une fois qu'on transforme un produit, il y aura toujours des déchets. Alors ma petite entreprise s'oriente dans la production des produits bio et à long terme envisage de recycler les huiles des chips pour les transformer en savons ou encore en bougies. »

Sécheresse, érosion côtière, pollution marine... les effets du changement climatique et de la destruction de l'environnement sont déjà bien palpables sur la Grand Île font remarquer ces jeunes. C'est ce qui pointe Delphine Berthet, l'une des fondatrices du Réseau Climat Océan Indien : 

« Quand on parle changement climatique, le gouvernement, et même quand on demande aux gens, ils vont parler uniquement de reboisement. Ils ne vont pas aborder dans son ensemble la problématique du changement climatique et du développement durable. Par exemple, pendant l'atelier qu'on a fait ce matin, sont ressortis beaucoup de problématiques d'urbanisation et donc de déchets et de montée des eaux à Tana, de problématique des océans, qui ne sont pas du tout pris en compte. On n'entend jamais parler de la problématique de l'océan. On entend uniquement parler de flore, de reboisement. Cette idée de monde d'après, c'est faire qu'on ne reparte pas en arrière. Grâce à cette épidémie, il y a eu beaucoup d'entrepreneurs qui ont développé leurs idées. On a vu beaucoup d'émergence de petites initiatives et on voudrait que ça continue et aussi que les jeunes soient entendus par le gouvernement parce que leurs idées ne sont jamais vraiment prises en compte dans les décisions. »

La plateforme compte organiser dans les prochains jours des ateliers dans d'autres grandes villes du pays, à Majunga, Tuléar et Fianarantsoa.

 

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