Madagascar: « Ile était une fois », un documentaire sur des métiers en voie d’extinction

Devant son banc de montage, le réalisateur multi récompensé Lova Nantenaina. A l'écran, une saunière de Tuléar, l'un des huit personnages du film, bouleversante par son témoignage.
Devant son banc de montage, le réalisateur multi récompensé Lova Nantenaina. A l'écran, une saunière de Tuléar, l'un des huit personnages du film, bouleversante par son témoignage. © Sarah Tétaud/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

C’est un cri du cœur pour la sauvegarde des métiers en voie d’extinction, des savoir-faire ancestraux désormais détenus par une poignée de passionnés. Avec « Ile était une fois », le cinéaste malgache Lova Nantenaina signe un documentaire tourné et monté façon « carnet de voyage » dans l’océan Indien, entre l’île de la Réunion et Madagascar. Un long métrage, le second du réalisateur, qui offre au téléspectateur un regard sans fard sur des histoires humaines puissantes et bouleversantes.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Projeté depuis quelques jours dans les salles réunionnaises, le film jouit d’un très bel accueil du public. À Madagascar, l’avant-première est prévue pour le 19 mars prochain au Cinépax d’Antananarivo.

Ile était une fois, raconte d’abord le voyage d’un cinéaste, Lova Nantenaina, entre ses deux îles de cœur à savoir les deux îles sœurs : La Réunion et Madagascar.

C’est néanmoins surtout un coup de projecteur empli de poésie sur des rencontres avec des hommes et des femmes détenteurs d’un trésor en danger: « Des gens particuliers qui exercent un métier ou une passion qui risque de disparaître à cause de la raréfaction des ressources ou faute de perpétuer un savoir-faire. »

Chasseur de guêpes, sauniers des marais salant, tisserands, autant de métiers qu’on redécouvre et qui intriguent. Avec en trame de fond, une question lancinante du réalisateur: « Que lèguera-t-on à nos enfants ? ».

« C’est une question cruciale à la Réunion comme à Madagascar. À Madagascar, parce que c’est un pays où les choses se perdent sans qu’on fasse quoi que ce soit pour les préserver. Et on ne se rend pas compte aussi du changement qui s’opère sous nos yeux. Donc, moi, je pars à la rencontre de ces personnes-là qui essaient de perpétuer des métiers qui risquent de disparaître demain. Quand on rencontre des tisserands d’Arivonimamo qui font de la soie sauvage, on sait très bien que s’il n’y a plus de soie sauvage, il n’y aura plus de métier. S’habiller grâce aux friperies, c’est ok, mais perdre les connaissances de comment on fabrique un tissu, c’est un vrai sujet aussi. »

Une ode à la préservation de savoir-faire traditionnels, indissociable de la sauvegarde de la biodiversité des deux îles.

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