Sénégal: l'Assemblée nationale doit voter sur la levée de l'immunité d'Ousmane Sonko

Ousmane Sonko lors de sa déclaration à la presse, le 25 février 2021.
Ousmane Sonko lors de sa déclaration à la presse, le 25 février 2021. © RFI / Théa Ollivier

Alors que la plaignante a été entendue par le juge d’instruction jeudi et que le président du parti Pastef Les Patriotes a pris la parole pour la première fois depuis plus de deux semaines, Ousmane Sonko pourrait être bientôt convoqué. L’Assemblée nationale est réunie en plénière ce vendredi 26 février afin de voter pour la levée, ou non, de son immunité parlementaire.

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Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

Ce vendredi, l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko pourrait être levée lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale. La séance plénière qui était prévue à 11 heures a commencé une heure plus tard, aux alentours de 12h (heure de Dakar). Les députés sont arrivés dans une Assemblée nationale dont l’accès aux journalistes a été interdite pour raisons sanitaires en pleine pandémie du Covid-19.

Bouna Sall, député de la majorité, a ouvert la séance en prenant la parole. Il est le rapporteur de la commission ad-hoc qui était chargée de statuer sur la levée de l’immunité du député Ousmane Sonko. Il a rappelé les faits, puis il a assuré que la commission a recommandé de voter pour cette levée d’immunité.

Dès le début de cette plénière, quelques échanges houleux ont eu lieu, notamment sur la contestation du rapport de la commission.La députée Aïda Mbodj, qui représente Ousmane Sonko, doit également prendre la parole.

De son côté, le président du parti Pastef Les Patriotes considère que les règles de procédure n’ont pas été respectées : « Mon immunité parlementaire demeure intacte. Ce qui va se passer dans les jours à venir, forcément sera une confrontation à laquelle nous sommes préparés. Nous ne ferons fi d’aucune faiblesse, d’où ma décision. J’ai évoqué mon droit constitutionnel à la résistance, à l’oppression. Chaque Sénégalais a le droit de l’évoquer à titre individuel s’il se sent concerné ».

Plusieurs heures d'audition

Pendant plusieurs heures, jeudi, la jeune employée d’un salon de massage qui accuse Ousmane Sonko de viol a été entendue par le juge d’instruction dans un bureau du palais de justice de Dakar. Elle était accompagnée de ses deux avocats, dont maître El Hadj Diouf : « Ma cliente a le moral. Elle est sûre d’elle et elle a répondu à toutes les questions du juge. Elle est sous haute protection pour sa sécurité parce qu’elle fait l’objet de menaces persistantes. »

Le même jour, Ousmane Sonko a pris la parole devant la presse, dénonçant les « incohérences » et « mensonges » de la plaignante. Il a de nouveau dénoncé un complot destiné à l’écarter de la scène politique.

Malgré les interdictions de rassemblement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, des manifestations sont déjà prévues la semaine prochaine par des militants et activistes pro-Sonko. Plusieurs accrochages ont éclaté en banlieue de Dakar, ce vendredi matin, entre des jeunes qui ont brûlé des pneus et les forces de sécurité. Il faut savoir que si l’immunité de Ousmane Sonko est levée, il pourrait bientôt être convoqué par le juge d’instruction.

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