Affaire Yaya Dillo: la France invite le Tchad à procéder à une «enquête impartiale»

(illustration) Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
(illustration) Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. AP - Bilal Hussein

La France appelle les autorités tchadiennes à mener « au plus vite » une enquête « impartiale » sur les violences qui ont conduit à la mort d'au moins 3 personnes dimanche 28 février au domicile de l'opposant et candidat à la présidentielle Yaya Dillo à Ndjamena au Tchad.

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Les forces de l'ordre se sont présentées dimanche au domicile de Yaya Dillo pour l'arrêter expliquait le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement sur notre antenne dimanche. « Yaya Dillo, qui était sur le coup de deux mandats d’arrêt antérieurement, qui a opposé de la résistance à des mandats judiciaires, déclare Jean-Yves Le Drian, bon... mais ce n’est pas une raison pour aboutir à la perte de plusieurs vies humaines ! Nous invitons solennellement le Tchad à conduire au plus vite une enquête indépendante et impartiale pour faire toute la lumière sur ces événements tragiques. Je le dis publiquement !

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, demande aussi de garantir la participation de l'opposition à la présidentielle du 11 avril prochain « On sait qu’il va y avoir des élections le 11 avril, nous avons dit à de nombreuses reprises aux autorités tchadiennes, de garantir la participation de l’opposition, ainsi que les libertés de réunion et l’accès aux médias. C’est tout à fait essentiel pour la stabilité du Tchad. Nous l'avons fait passer à plusieurs reprises au président Déby… Je suis allé moi-même porter ce message directement à plusieurs reprises auprès du président Déby ».

Le ministre s'exprimait devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française après avoir été interpellé par le député français Jean-Luc Mélenchon, président de la France insoumise pour qu’il exprime la position de la France sur cette situation.

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise

À lire aussi : au Tchad, l’opposant Yaya Dillo exfiltré de son domicile par des proches

Amnesty demande aussi une enquête indépendante

Pour l'organisation de défense des droits de l'Homme, les violences du dimanche 28 février, illustrent les pressions croissantes auxquelles sont soumises l'opposition et la société civile au Tchad à l'approche de la présidentielle du 11 avril prochain. L'ONG demande aussi au gouvernement tchadien d'organiser rapidement « une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces graves incidents ».

« Ce que nous constatons depuis plusieurs mois, c’est une véritable tension dans le pays et notamment lorsque les partis d’opposition ou des membres de la société civile demandent à organiser des manifestations, ces manifestations sont systématiquement interdites et elles sont également réprimées par les forces de sécurité, explique Abdoulaye Diarra, chercheur d'Amnesty sur l'Afrique centrale, joint par Esdras Ndikumana du service Afrique de RFI. Et les incidents de ce week-end sont venus illustrer cette tension, puisqu’il faut le rappeler, c’est au domicile d’un candidat à l’élection présidentielle que se sont déroulés ces graves incidents.

Ce qui ressort des incidents de ce week-end, c’est effectivement le caractère disproportionné et l’usage, comme on a pu le voir, des images de chars. Et donc c’est pour cela que nous disons qu’il est important de lever tous les doutes sur ce qui s’est déroulé et de mettre en place une enquête indépendante sur ces événements ».

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