reportage

Les Éthiopiens célèbrent les 125 ans de la bataille d'Adoua

Un jeune homme lors de la célébration de la 125e victoire d'Adwa, place Menelik à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 2 mars 2021.
Un jeune homme lors de la célébration de la 125e victoire d'Adwa, place Menelik à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 2 mars 2021. AFP - AMANUEL SILESHI

En Éthiopie, on fêtait mardi les 125 ans de la bataille d’Adoua. Célébrée dans tout le pays, cette victoire militaire contre les Italiens est devenue l’acte fondateur de l’Éthiopie moderne, le jour où l’empereur Menelik a évité la colonisation.

Publicité

Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

Cette année, les célébrations ont connu un engouement particulier, alors que le gouvernement est en guerre contre le Tigré, là où se trouve justement Adoua. Dans les rues d’Addis Abeba, la guerre actuelle n’a pas empêché de se souvenir de cette victoire mythique.

Manteau long et chapeau caractéristique sur la tête, Mykias Wandu, 17 ans, participe à une reconstitution de la bataille. Cet adolescent tient le rôle principal, celui de l’empereur Ménélik, héros éthiopien face aux Italiens. « Les Ethiopiens ont réussi à préserver notre liberté car nous étions unis et nous avons combattu tous ensemble contre les Italiens. Adoua a vraiment une place très spéciale dans notre mémoire », raconte-t-il.

Adoua est donc le symbole d’une victoire contre l’impérialisme italien mais aussi contre tous ceux qui menacent l’unité éthiopienne, assure Fetene Mebrabirhanu sous-entendant le parti tigréen du TPLF.

« Aujourd’hui, deux factions politiques se battent. Et le TPLF doit être vaincu. Même si nous n’étions pas favorables à une guerre, ce qui devait arriver arriva. On combat précisément ceux qui nous empêchaient de fêter Adoua par le passé », explique-t-il.

Pour d’autres, il est difficile de célébrer Adoua cette année. Comment se réjouir d’une bataille passée alors qu’une autre est actuellement en cours dans la ville ? « Ceux qui meurent en ce moment sont nos concitoyens. Dès qu’il y a une guerre, il y a malheureusement des pertes humaines. Cette guerre a différentes conséquences comme la destruction d’infrastructures, des réserves d’eau, des routes, de l’électricité », confie Henok.

D’après les témoignages en provenance du Tigré, c’est une autre puissance étrangère qui a occupé Adoua récemment, en l’occurrence l’armée érythréenne.

À (ré)écouter: Invité Afrique – Henok Teferra, ambassadeur d'Éthiopie: «Nous sommes prêts à accueillir des enquêteurs internationaux»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail