Reportage

« Maman Lucie », 51 ans, première victime de la résurgence Ebola en Guinée

Sur son téléphone le Dr Aboudlaye Koli médecin chef de Gouecké désigne le portrait de « maman Lucie ».
Sur son téléphone le Dr Aboudlaye Koli médecin chef de Gouecké désigne le portrait de « maman Lucie ». © Carol Valade/RFI

Près de 5 ans après la fin de la première épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, le virus a refait surface dans la région forestière située dans le sud du pays. Au moins 8 personnes sont décédées sur une quinzaine de cas recensés. Lucie, une infirmière de 51 ans, est morte le 27 janvier dernier à l’hôpital régional de Nzérékoré. Elle est le patient indexe, c'est-à-dire le premier cas connu de la résurgence actuelle. Au centre médical de Gouecké où elle travaillait, elle était une personnalité très populaire que tout le monde surnommait « maman ».

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Avec notre envoyé spécial à Gouecké, Carol Valade

Sur son téléphone le docteur Aboudlaye Koli médecin-chef de Gouecké désigne le portrait de « maman Lucie » orné de la mention « RIP ». « Elle aimait dire : "je me rends disponible pour la communauté tant que la communauté a besoin de moi". Elle jouait le rôle de maman. Elle approchait tout le monde comme une mère. »

Cecile Loua, assistante technique de Santé. « C’était une collègue mais on l’appelait maman. Elle faisait l’accouchement, elle faisait la planification aux femmes. Elle aimait tout le monde. » Cecile Loua se met à pleurer.

Figure de la paroisse, Lucie était une femme pieuse indique le vicaire de Gouecké, père Gabriel Lamah. « La façon de traiter, d’aider, de secourir les autres peut donner le titre de maman à une telle femme. Le jour de son enterrement, son mari a témoigné que même à 0h, sa femme était obligée de lui dire : on vient de m’appeler, il faut que je parte pour m’occuper d’un malade. Elle dédiait toute sa vie pour la cause des autres. »

Ebola se transmet par les fluides des malades et les conseils qu’elle prodiguait résonnent encore aujourd’hui. « Je pense que se laver les mains, c’est intéressant : c’était ses mots le mardi et le vendredi, et elle le disait toujours avec un sourire. »

Comme lors de la précédente épidémie, les soignants paient le plus lourd tribut.

 

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