Éthiopie: le premier parti oromo se retire du processus électoral des législatives de juin

Jawar Mohammed (ici, en octobre 2019), un des leaders de l'OFC. Il a été incarcéré en juillet dernier avec une vingtaine d'autres prisonniers politiques suite aux violences survenues dans la région d'Oromia. Ils sont accusés de terrorisme et d'incitation à la haine.
Jawar Mohammed (ici, en octobre 2019), un des leaders de l'OFC. Il a été incarcéré en juillet dernier avec une vingtaine d'autres prisonniers politiques suite aux violences survenues dans la région d'Oromia. Ils sont accusés de terrorisme et d'incitation à la haine. AP - Mulugeta Ayene

En Éthiopie, le Congrès fédéraliste oromo a annoncé mercredi se retirer de la préparation des élections législatives du 5 juin prochain. Ses leaders Jawar Mohammed et Bekele Gerba sont en prison depuis l'été dernier et hospitalisés actuellement après plusieurs semaines de grève de la faim. Mais malgré la popularité de cette formation dans l'Oromia, son retrait pourrait ne pas être un coup trop dur pour le Premier ministre Abiy Ahmed.

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Leurs chefs sont en détention et risquent la prison à vie. Leurs bureaux sont fermés, leurs militants harcelés. Voilà pourquoi les responsables du Congrès fédéraliste oromo, l'OFC, ont décidé de se retirer du processus électoral et appellent à bâtir « un consensus » pour éventuellement revenir dans la course.

Pour l'instant, seul l'OFC dit s'être retiré. Une quinzaine d'autres partis moins importants sont déjà enregistrés. Et le président de la Commission électorale nationale en personne a de son côté appelé le pouvoir à cesser les arrestations politiques.

Pour William Davison, qui est en charge de l'Éthiopie à l'International Crisis Group, « peut-être l'OFC souhaite-t-il avant tout soulever la dimension morale » de sa situation. 

De toute façon, explique-t-il, « l'objectif des élections pour le parti au pouvoir est avant tout d'obtenir une majorité confortable dans l'Oromia » et de veiller à ce que le scrutin « ne soit pas vu comme discrédité par la population ou par la communauté internationale. L'absence de l'OFC laisserait le parti au pouvoir, le Parti de la prospérité, aux commandes de l'État ». Et, conclut le chercheur, « cela n'aurait probablement pas de conséquences sur la paix civile que le gouvernement ne saurait gérer ». 

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