Sénégal: situation tendue et indignation populaire après trois jours d'émeutes

Un véhicule de la gendarmerie sénégalaise passe devant une automobile calcinée, le 5 mars 2021 à Dakar.
Un véhicule de la gendarmerie sénégalaise passe devant une automobile calcinée, le 5 mars 2021 à Dakar. AFP - SEYLLOU

Le Sénégal vient de vivre trois jours de manifestations et d’émeutes à Dakar et dans plusieurs villes faisant quatre morts suite à l’arrestation de l’opposant politique Ousmane Sonko pour « trouble à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée ». En parallèle, il est aussi accusé de viol et de menaces de mort. S’il continue de dénoncer un complot destiné à l’écarter du jeu politique, le ministre de l’intérieur Antoine Félix Diome a pourtant déclaré, le 5 mars au soir, qu’il s’agissait d’un « contentieux judiciaire qui implique deux citoyens sénégalais ».

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Malgré un calme qui semble être revenu dans la plupart des quartiers de Dakar ce matin, l’avocat de la jeune femme qui accuse Ousmane Sonko de viol assure que sa maison a été incendiée dans la nuit. Sur les réseaux sociaux, les Sénégalais continuent de s’indigner de la situation, et réagissent à la déclaration du ministre de l’intérieur, Antoine Félix Diome qui a pris la parole hier, vendredi 5 mars au soir. Il a déclaré « regretter et condamner des actes de nature terroriste », citant les saccages, pillage et dégradation de bâtiments publics et bien privés. Il a rappelé que toutes les personnes auteurs d’actes criminels seront traduites en justice.

Appel à une intervention présidentielle

Des propos parfois critiqués pour ne pas suffisamment appeler au calme. Certains Sénégalais demandent alors une intervention du président Macky Sall pour apaiser les tensions, d’autres demandent même sa démission ou la libération d’Ousmane Sonko.

Lundi devant le procureur

Dans l’attente de savoir si les manifestations vont continuer aujourd’hui, l’opposant politique est en garde à vue jusqu’au dimanche 7 mars pour des infractions de « trouble à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée ». Au plus tôt, il pourrait passer devant le procureur, lundi 8 mars, selon ses avocats. Date à laquelle il est déjà convoqué devant le juge d’instruction pour répondre aux accusations de viol et de menace de mort.

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