Kenya: les anciens de l'ethnie Samburu prennent position contre l'excision

Une femme de l'ethnie Pokot au Kenya lors d'une cérémonie d'excision, le 16 octobre.
Une femme de l'ethnie Pokot au Kenya lors d'une cérémonie d'excision, le 16 octobre. REUTERS/Siegfried Modola

Au Kenya, le 5 mars, 40 anciens issus de villages du comté de Samburu, au nord du pays, ont publiquement déclaré leur volonté de mettre un terme aux mutilations sexuelles et aux mariages d’enfants. La cérémonie a été présidée par le président Uhuru Kenyatta qui en a fait un de ses combats.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Il s'agit d'une « déclaration historique », selon les organisations de lutte contre les mutilations sexuelles, et d'« une étape importante » pour les droits des filles, selon le président kényan Uhuru Kenyatta, qui en a fait un de ses combats. En 2019, il avait notamment déclaré son souhait de voir l’excision éliminée du pays d’ici 2022.

La déclaration des anciens des villages Samburu intervient pourtant alors que les mutilations génitales étaient déjà interdites au Kenya depuis 2011. Mais la pratique reste ancrée au sein de certaines communautés. Au niveau national, 21% des femmes âgées entre 15 et 49 ans ont déjà subi des mutilations sexuelles, selon l’Unicef. 

Vers une évolution des mentalités ?

La réalité n’est toutefois pas uniforme à travers le pays. Chez les Samburu, le chiffre atteint 86% de femmes excisées. La pratique y est traditionnellement vue comme nécessaire pour améliorer les perspectives de mariage des jeunes filles. Ce 5 mars, les anciens ont publiquement reconnu que ce n’était pas le cas. Leur voix faisant autorité au sein des villages, les activistes ont bon espoir de voir suivre une évolution des mentalités.  

Le président Uhuru Kenyatta a quant à lui encouragé les communautés à développer des rites alternatifs pour mettre fin aux mutilations sexuelles. Des cérémonies sont ainsi parfois revisitées pour marquer la transition de fille à femme sans excision mais avec une partie pédagogique sur des sujets comme la santé reproductive ou les droits des femmes.

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