Madagascar: à travers ses photos, Fifaliana Nantenaina nous plonge dans le «monde d’avant Covid»

Vue du Marais Masay. Au fond, les quartiers de la capitale Antananarivo sont ensevelis par un épais nuage de pollution.
Vue du Marais Masay. Au fond, les quartiers de la capitale Antananarivo sont ensevelis par un épais nuage de pollution. RFI/Sarah Tétaud

À 29 ans, Fifaliana Nantenaina, figure montante et autodidacte de la photographie malgache, s’expose pour la quatrième fois depuis le début de sa jeune carrière. Cette exposition sonne comme un retour en arrière dans un passé proche, sans masque ni geste-barrière, mais qui semble avoir été vécu il y a une éternité. Une plongée gratuite dans ce « monde d’avant » à découvrir au Chick’n Art à Antananarivo jusqu’à la fin du mois.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Il s’assoit toujours côté fenêtre pour profiter de la lenteur des taxi-be et figer l’instant de la rue avec son appareil. Fifaliana Nantenaina est un adepte du mouvement, des scènes capturées sur le vif. Le photographe dévoile une dizaine de clichés inédits dans cette exposition intitulée sobrement « Miaina ».

« "Miaina", en malgache, veut dire "respirer", explique-t-il. Donc, c’est un peu le concept de l’exposition, une bouffée d’air photographique, un clin d’œil à ce retour à la vie normale qu’on avait avant la pandémie, qui n’a jamais été vraiment normal pour les étrangers, mais qui est totalement normal pour nous, Malgaches. Ce sont des instantanés de vie quotidienne. Les gens ne sont pas masqués sur les photos. Le but, c’était vraiment de faire oublier aux spectateurs cette galère qu’on vit au quotidien depuis cette pandémie ».

Bousculer les traditions malgaches

À l’origine, Fifaliana est preneur de son sur les documentaires tournés par son frère, cinéaste. Il apprécie le côté sensitif de l’exercice. De la recherche du son à capter, il dévie sur l’image, à saisir. La technique photographique, il l’acquiert grâce à des cours en ligne. Le reste sera dicté par sa sensibilité sur terrain.

« Cette photo, elle me plaît particulièrement, explique-t-il par exemple. Elle montre deux vieilles dames qui marchent de dos et qui s’éloignent de mon objectif, et un chien qui s’approche de moi. Cette photo me plaît parce que cela évoque la symbolique des vieux qui partent et seuls les chiens qui restent ». 

Ce que le photographe tananarivien aime aussi, c’est déranger. Adepte du nu, il espère pouvoir montrer cette facette de son art dans sa prochaine exposition, et bousculer un peu le « soatoavina », la sagesse et les coutumes traditionnelles, si chères aux Malgaches.

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