Tchad: le siège du parti d’opposition les Transformateurs encerclé par la police

 L'opposant et candidat tchadien à la présidentielle Yaya Dillo, ici en 2007.
L'opposant et candidat tchadien à la présidentielle Yaya Dillo, ici en 2007. AFP - THOMAS COEX

Au Tchad, le siège du parti d’opposition, les Transformateurs, est toujours encerclé ce dimanche 7 mars par la police. Plusieurs véhicules des forces de sécurité stationnent devant les locaux du mouvement de Succès Masra. Selon les Transformateurs, ce déploiement policier a commencé samedi alors qu'ils souhaitaient organiser une cérémonie en hommage à la mère de Yaya Dillo, tuée dimanche dernier au cours de la tentative d'arrestation de son fils.

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Les Transformateurs, parti de l’opposant Succès Masra, accusent les forces de l'ordre d'assiéger ses locaux alors qu’ils souhaitaient organiser une cérémonie en hommage à la mère de Yaya Dillo, tuée dimanche dernier au cours de la tentative d'arrestation de ce candidat déclaré à la présidentielle tchadienne du 11 avril. Yaya Dillo qu'un différend judiciaire oppose à l'épouse du président Déby et à la fondation de la Première dame.

Joint par RFI, Succès Masra délivrait son témoignage à la mi-journée de ce dimanche 7 mars.

« Nous nous sommes retrouvés ici pour pouvoir, en tout cas, organiser la cérémonie mais à peine les autres étaient-ils en train d’arriver pour nous rejoindre au siège qu’on a commencé à les gazer. On nous a jeté les gaz lacrymogènes. On a blessé quelques personnes. Il y a eu même aussi des arrestations. Mais nous avons quand même réussi à organiser l’évènement et nous avons passé la nuit. Donc, à l’heure où je vous parle, nous sommes toujours encerclés par la police qui a passé la nuit ici en notre compagnie. Et ceux qui ont passé la nuit ici avec moi sont restés là. Certains ont été obligés de dormir tout autour du siège. Ce matin, un de mes vice-présidents venait ici au siège pour nous rencontrer et on lui a interdit l’accès. En fait, nous commençons à avoir un peu moins de nourriture. On nous permet de sortir mais on ne nous permet pas de rentrer, donc cela veut dire que si moi-même je venais à quitter le siège, rien ne garantit que je puisse revenir à notre siège des Transformateurs. Ceci est révélateur du vrai visage de ce monsieur qui, après avoir assassiné une maman, nous empêche maintenant de pleurer cette maman », a-t-il souligné.

De son côté, Serge Ngardji, porte-parole du mouvement, soulignait quant à lui samedi que les militants ont d'abord tenté, en vain, de se rassembler à Gassi, avant de se replier au siège de leur parti où la police était également positionnée en nombre pour les en empêcher.

« Vers 14 heures, la police est allée là-bas, à Gassi, barrer la route. On s’est dit alors : ok, on va revenir dans notre siège pour au moins allumer des bougies et faire des prières en mémoire de la maman qui a été assassinée. Et à 16 heures, une vingtaine de véhicules y étaient stationnés. Ils ont fermé carrément la route. On ne pouvait même pas rentrer au siège. Ils ne veulent tout simplement pas qu’on se réunisse. Ils ne veulent pas ! Ils sont venus simplement nous barricader. Ils ont entouré carrément le siège puis ils nous ont lancé des gaz lacrymogènes. La situation est vraiment sérieuse », s’indignait Serge Ngardji.

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