Les rappeurs sénégalais se mobilisent et créent les hymnes des manifestations

Au Sénégal, des manifestants le 8 mars 2021 devant le palais de justice de Dakar.
Au Sénégal, des manifestants le 8 mars 2021 devant le palais de justice de Dakar. © Sylvain Cherkaoui/AP

Au Sénégal, alors que plusieurs jours de manifestations et violences ont fait au moins 5 morts officiels, 11 selon l’opposition, les artistes se sont mobilisés avec la composition de chansons et de clips engagés.

Publicité

Le nouveau clip du célèbre rappeur Dip Doundou Guiss, habitué aux millions de vues, commence par des images de forces de l’ordre tirant des grenades lacrymogènes sous les pleurs d’une femme. « Le plus dur, c'est de voir nos jeunes mourir », commence le rappeur en wolof. « C'est un message qui s'adresse directement aux autorités et à la jeunesse, explique-t-il. J'ai essayé de dénoncer tout ce qu'il se passe actuellement dans ce pays. En tant qu'artiste et porte-voix suivi par les jeunes, je trouvais nécessaire d'élever la voix face à cette situation. »

Un autre rappeur, Hakill, a sorti plus tôt que prévu l’un des titres de son futur album : une chanson qui parle de la jeunesse désœuvrée, du manque de justice et de la mauvaise gouvernance.

« Le rap a toujours été là pour parler des maux de la société »

Après avoir lui-même manifesté ces derniers jours à Dakar, il a tourné son clip dans les rues jonchées de pierres et barrées par des pneus brûlés : « Les événements actuels ont un lien avec la politique, mais le vrai sens de ce soulèvement. C'est le ras-le-bol généralisé ! Le rap a toujours été là pour parler des maux de la société. »

D’autres artistes comme Didier Awadi du groupe Positive Black Soul ont aussi sorti des titres qui chantent les difficultés de la jeunesse sénégalaise.

► À lire aussi : Au Sénégal, le M2D appelle à un nouveau rassemblement pacifique le 13 mars

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail