Reportage

Burkina Faso: sécurisation du camp de Goudebo et réinstallation des réfugiés

Des réfugiés maliens dans le camp de Mentao au Burkina Faso, en décembre 2019.
Des réfugiés maliens dans le camp de Mentao au Burkina Faso, en décembre 2019. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

À la date du 31 janvier 2021, le Burkina Faso héberge 19 823 Maliens réfugiés. Suite aux attaques terroristes et l’insécurité qui commençaient à s’installer autour et dans les camps de réfugiés de Mentao, dans la province du Soum et de Goudebo, dans le Seno, le gouvernement et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont décidé de mieux sécuriser les camps.

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Avec notre correspondant, de retour du camp de Goudebo, Yaya Boudani

Le camp de Goudebo, qui accueille désormais tous les réfugiés dans la région du Sahel, a été réhabilité. Des centaines d’éléments des forces de sécurité y sont installés avec du matériel pour la sécurisation. Des routes et autres infrastructures sont installées. C’est une nouvelle vie qui commence pour ses réfugiés réinstallés ou relocalisés.

Sur le site des réfugiés de Goudebo, la vie reprend tout doucement, depuis sa réouverture, il y a quelques semaines.

Moussa Ag Malokia, réfugié malien, résidait sur l’ancien site de Goudebo. Il avait fui pour se réfugier à Dori, suite à l’attaque du camp par les groupes armés, en mai 2020. « Actuellement, on se sent en sécurité parce qu’on voit les forces de sécurité qui tournent. On voit même des petits avions qui volent au-dessus du camp », précise-t-il.

Haidara Cheick et les sept membres de sa famille vivaient dans le camp de Mentao, à Djibo. Avec l’incendie du poste de police du camp par les groupes armés et une descente des forces de défense et sécurité sur le camp à la recherche de suspects, ils ont dû regagner la ville de Djibo et enfin se retrouver à Goudebo. « Depuis que nous sommes là, nous n’avons vu que la vie normale. Les soins sont gratuits », témoigne-t-il. 

Abris, eau potable, école, centre de santé, les services sociaux de base sont en place avec une présence permanente d’un important dispositif de sécurité. « Tout est entièrement gratuit, ici, que ce soit pour les réfugiés ou les nationaux », souligne Ibrahim Karambiri, médecin-chef du Centre de santé.

Face à l’insécurité, le gouvernement et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont décidé de relocaliser tous les réfugiés maliens sur le site unique de Goudebo pour une meilleure prise en charge.

« Nous avons élargi le camp de sorte qu’il puisse accueillir tous les réfugiés, même ceux qui sont hors camp, pour permettre une meilleure prise en charge et pour permettre également un meilleur contrôle et une meilleure sécurisation de tous ces réfugiés », a pour sa part déclaré Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la coopération.

6 570 réfugiés maliens sont déjà réinstallés sur le site de Goudebo. L’opération se poursuivra avec les réfugiés restés à Djibo et ceux qui ne résident pas dans les camps.

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