Madagascar: les étudiants en sciences de Tana réclament leurs cinq mois de bourse

Ce mardi 16 mars, les étudiants en sciences de l'Université d'Ankatso ont poursuivi leur revendication sur le parvis de leur faculté. Ils réclament le paiement de 4 des 5 mois non-versés de bourse d'étude ainsi que la prime dite «d'équipement».
Ce mardi 16 mars, les étudiants en sciences de l'Université d'Ankatso ont poursuivi leur revendication sur le parvis de leur faculté. Ils réclament le paiement de 4 des 5 mois non-versés de bourse d'étude ainsi que la prime dite «d'équipement». © Sarah Tétaud/RFI

À Madagascar, le gouvernement semble dans l’impasse pour calmer les tensions avec les étudiants. Après les universités de Tamatave, Diego, Majunga et Tuléar, les grèves ont à nouveau repris à Antananarivo. Cette fois, ce sont les étudiants de la faculté de sciences qui réclament à leur tour le paiement de leur bourse d’étude et des équipements.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

L’administration accuse un retard de cinq mois… Lundi, de violentes échauffourées ont eu lieu avec les militaires qui sont intervenus sur le campus de dépit du règlement de l’université. Trois étudiants ont été hospitalisés. Aussi, hier, pour calmer le jeu, l’administration a affiché la liste des étudiants éligibles au paiement d’un mois de bourse.

Mais l’affichage des listings des bénéficiaires de bourse n’aura pas eu l’effet escompté. En à peine quelques minutes, les feuilles seront déchirées et jetées à terre par des étudiants de la fac de sciences, furieux qu’on se moque d’eux ainsi.

Un mois au lieu des cinq dus. Inenvisageable pour ces jeunes qui ont cruellement besoin de cette bourse pour pouvoir étudier et manger, et qui, expliquent-ils, ont déjà fait une concession.

« Là, on ne demande que (le versement) des équipements, plus quatre mois de bourse. » Ce représentant des étudiants en biochimie poursuit : « Ce qui a mis les élèves en pétard et ce qui nous offense, c’est qu’à la présidence (de l’université) et au sein de l’équipe pédagogique, ils nous menacent de conseil de discipline alors qu’on ne réclame que nos droits. Ce qu’on demande est juste. On demande tout simplement qu’on nous donne nos bourses pour quatre mois et nos équipements, et c’est tout. » 

Depuis leur rentrée en novembre, aucun d’eux n’a reçu les six euros de bourse par mois (entre 25 000 et 30 000 ariary selon le niveau d’enseignement de l’élève, NDLR). Si la somme parait dérisoire, elle reste vitale pour la majorité des boursiers, comme Fano, étudiant en physique : « J’ai besoin de cet argent pour imprimer les polycopiés des cours. À défaut, je dois m’endetter auprès des cybercafés ou de mes amis pour pouvoir étudier. »

Cet étudiant en biologie, lui, n’arrive plus à se payer ses cobayes. D’où l’importance du paiement des équipements. « Les animaux que nous utilisons au laboratoire, les grenouilles, lapins, souris, c’est trop cher pour nous ! Ca entrave les études, parce que (l’université) n’accepte pas qu’on n’ait pas d’argent. On doit payer si on veut entrer au labo. » 

Hier, les étudiants ont donné jusqu’à vendredi à l’administration malgache pour régler cette situation. Une grève générale est envisagée dès lundi en cas de non-paiement. 

De leur côté, les étudiants en Lettres à la faculté d’Antananarivo ont accepté de recevoir un mois de bourse contre les quatre prévus initialement.

À Tuléar et Tamatave, les étudiants ont reçu le versement des quatre mois prévus.

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