Centrafrique: le président Touadéra annonce l'organisation d'un dialogue républicain

Le président Faustin Archange Touadéra, lors de la cérémonie de commémoration du deuxième anniversaire de l'APPR, au Palais de la renaissance à Bangui, le 6 février 2021.
Le président Faustin Archange Touadéra, lors de la cérémonie de commémoration du deuxième anniversaire de l'APPR, au Palais de la renaissance à Bangui, le 6 février 2021. © Gaël Grilhot/RFI

Le président Faustin-Archange Touadéra a déclaré que des consultations nationales vont être organisées dans les prochains jours afin de recueillir l'avis et les recommandations des Centrafricains. Le chef de l’État a récemment été réélu à son poste lors d’élections générales marquées par des offensives rebelles dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Bangui.

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Jeudi soir, le président Touadéra a rappelé son attachement à un dialogue républicain. « Pour être viable, notre démocratie retrouvée, dit-il en référence aux scrutins présidentiel et législatifs, cette démocratie doit être entretenue par un dialogue constant et constructif. » Il dit vouloir un dialogue sincère et inclusif. Une réponse aux appels ces derniers mois de l’opposition. Mais avant cela, il propose l’ouverture dans les prochains jours « de concertations », pour dit-il, « décrisper la crise sécuritaire ». 

Cet appel au dialogue reste toutefois flou. On sait que le président Touadéra a déjà exclu à plusieurs reprises tout dialogue avec les groupes armés et les acteurs politiques qui soutiennent la rébellion. Cette concertation préalable, annoncé par le chef de l’État, était une demande de la communauté internationale afin qu’il y ait un consensus préalable pour éviter l’échec d’un dialogue.

À noter aussi que cette annonce d’une concertation, suivi d’un dialogue, sonne comme une reprise en main par Bangui et une fin de non-recevoir aux tentatives de médiation de la communauté internationale. Le chef de l’État qui rappelle que les accords de paix ou cessez- le-feu signés jusqu’à présent -et qui étaient chapeautés par la région- n’ont pas apporté de solution à la crise. Ils ont même été vus par certains comme un tremplin pour accéder à des postes au sein de l’État.

Les chefs d'Etat de la région invités aux concertations

Selon une source proche de la présidence, ce dialogue pourrait s’ouvrir dès le mois de mai. Il sera précédé de concertations nationales -  qui devraient démarrer dans les prochains jours - avec les forces vives de la nation : partis politiques, sociétés civiles, plateformes religieuses. Mais également avec les chefs d’Etat de la région, qui seront invités à titre d’observateurs lors de ce dialogue républicain.

Dans son allocution le chef de l’Etat a dit vouloir mobiliser tous les segments de la société autour d’un agenda, afin de consolider la paix, la stabilité politique, la gouvernance inclusive et démocratique.  Le but est de ne pas refaire les mêmes erreurs que dans le passé affirme cette source proche de la présidence.

Pour l’opposition qui réclame depuis des mois ce dialogue national, il est grand temps. Il faut maintenant quitter le stade de l’annonce pour passer à celui de l’action, indique le principal parti d’opposition. L’Urca pour qui ce dialogue se doit d’être le plus inclusif possible afin de donner une plus grande chance à la paix, Et ce avec l’implication d’un médiateur international.

Mes chers compatriotes, je voudrais vous présenter la feuille de route du dialogue républicain et vous annoncer l’ouverture, dans les tous prochains jours, des concertations nationales. Ce dialogue républicain, que je veux sincère, inclusif et constructif, permettra -je l’espère vivement- de mobiliser tous les segments de la société centrafricaine, autour d’un agenda pour la consultation de la paix et de la sécurité, la stabilité politique et institutionnelle, la réconciliation nationale, l’appropriation et la bonne gestion de nos ressources naturelles, une gouvernance inclusive et démocratique, ainsi que le développement. L’objet de ces consultations consiste à recueillir vos avis, vos recommandations et suggestions pertinentes sur les résultats escomptés, ainsi que l’agenda d’intérêt national prioritaire et les principes fondamentaux à préserver. Je suis donc à l’écoute de tous les Centrafricains et Centrafricaines!

Faustin-Archange Touadéra, président centrafricain

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