La détention secrète d’un prisonnier aux Comores inquiète les Nations unies

Bien qu'extradé de Madagascar vers les Comores le 27 janvier 202,, personne n'a plus revu «Bobocha» depuis dénonce son avocat et s'inquiète l'ONU. (image d'illustration)
Bien qu'extradé de Madagascar vers les Comores le 27 janvier 202,, personne n'a plus revu «Bobocha» depuis dénonce son avocat et s'inquiète l'ONU. (image d'illustration) Getty Images/altrendo travel

Inssa Mohamed dit Bobocha est accusé notamment de tentative d’assassinat sur le président Azali Assoumani le 21 avril 2020. Après une évasion de la prison de Moroni en novembre dernier, il s’était rendu à Madagascar où il avait trouvé asile. Pourtant, le prisonnier a été extradé de Madagascar vers les Comores le 27 janvier 2021 et personne ne l’a plus revu depuis. Les Nations unies ont saisi les autorités comoriennes à son sujet.

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Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

Deux mois depuis l’arrivée de Inssa Mohamed dit Bobocha, des experts des Nations unies, notamment de la torture et des exécutions extrajudiciaires, réclament désormais une preuve de vie du prisonnier, tout comme son avocat Me Gérard Youssouf.

« Bobocha est enfermé dans une prison annexe, une prison militaire. Bien que ce soit une annexe, c'est avant tout une caserne militaire. En vertu de quel droit mon client a été détenu de façon illégale, arbitraire ? Non seulement je n’ai pas accès à mon client. Je n’ai aucune preuve de vie de mon client. Je ne sais pas dans quelles conditions il est détenu ni quel traitement lui est réservé durant tout ce temps. »

L’avocat envisage sérieusement de porter plainte contre les États comorien et malgache suite à l’extradition illégale de Bobocha. « La nouvelle législation comorienne considère la détention arbitraire comme étant un crime de guerre, tout comme les tortures. Aujourd’hui mon client a été enlevé de Madagascar vers les Comores, je vais porter plainte contre l’État comorien et l’État malgache comme étant complice de crime de guerre. Je vais donc saisir le parquet de Moroni et je vais faire communication de cette plainte à la Cour pénale internationale. »

Me Gérard Youssouf ignore toujours par quelle autorité Bobocha a été placé sous mandat de dépôt. 

 

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