Sénégal: l'union de l'opposition, alliance concrète ou simple affichage?

Des supporters de Karim Wade (image d'illustration).
Des supporters de Karim Wade (image d'illustration). SEYLLOU / AFP

Une libération provisoire a été accordée mercredi 24 mars à Guy Marius Sagna, Amadou Clédor Sène ou encore Assane Diouf, militants arrêtés il y a un mois notamment pour « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Ces libérations interviennent dans le contexte de la procédure judiciaire visant Ousmane Sonko, l’opposant accusé de viol par une employée d’un salon de massage. Avec cette affaire, l’opposition a regagné du terrain médiatique. Elle plaide l’« unité » face au régime du président Macky Sall. Alliances concrètes ou vœu pieux ?

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Peu audible ces derniers mois, l’opposition sénégalaise retrouve des couleurs. Plusieurs personnalités comme Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar, ont affiché leur soutien à Ousmane Sonko et appelé à un « front commun » de l’opposition.

Le PDS, parti de Karim Wade, fils de l’ancien président, exilé au Qatar, a fait son retour au sein du Front de résistance nationale. Le FRN, collectif de partis d’opposition, travaille à un « cadre d’unité d’action ». Assane Ba, membre du comité directeur du PDS, explique :

« Il s’agit de travailler avec les autres forces démocratiques, sociales et politiques, pour combattre le régime de Macky Sall. Et ensuite, si possible, de formaliser des coalitions électorales. Nous sommes en train d’élaborer le règlement intérieur, sur les questions sociales, politiques, économiques… Nous avons créé une commission ad hoc, et en principe samedi prochain, cette commission devrait nous donner le premier 'draft' de ce programme. »

« Les alliances ne se font plus au niveau des idéologies, mais de façon circonstancielle »

Une recomposition du paysage politique est donc en cours. Mais une coalition hétéroclite pourrait-elle tenir ? Le professeur Papa Ogo Seck, enseignant chercheur à l’université Gaston Berger, croit cela possible : « S’ils sont d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire régler les problèmes les plus urgents, liés aux droits économiques et sociaux, liés à la question des libertés et à la construction d’un État de droit, ils peuvent dégager des moyens communs et faire des actions communes, malgré leurs convictions différentes. Parce qu’au Sénégal, on a constaté que les alliances ne se font plus au niveau des idéologies, mais surtout de façon circonstancielle. »

De son côté, la coalition Benno Bokk Yakaar de la majorité est, elle aussi, dans une dynamique de remobilisation de ses troupes, avec l’organisation de meetings et de réunions.

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