Les médias burundais en exil au Rwanda réduits au silence

Les médias burundais en exil au Rwanda ont été réduits au silence, il y a deux jours.
Les médias burundais en exil au Rwanda ont été réduits au silence, il y a deux jours. © Samuel Morazan/Pixabay

Les médias burundais en exil au Rwanda réduits au silence depuis deux jours sur décision des autorités rwandaises. Certains journalistes en exil dans ce pays se disent sacrifiés à l'autel du réalisme politique, depuis que les deux pays voisins se sont engagés sur la voie de la normalisation de leurs relations, c'était il y a un peu plus de six mois.

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La RPA Radio publique africaine, Télé Renaissance et la radio Inzamba, accusées par Gitega de « déstabilisation » du Burundi, diffusaient leurs émissions à partir de Kigali au Rwanda où ils ont trouvé refuge au plus fort de la crise burundaise après leur destruction par le pouvoir de Gitega, depuis bientôt six ans.

Les responsables des médias burundais en exil au Rwanda se savaient en sursis. Déjà en octobre 2020, juste après le début du lancement du processus de normalisation entre Gitega et Kigali. Les autorités rwandaises leur avaient donné un mois pour plier bagage, mais ils avaient continué à émettre sans aucun problème.

Tout s'est accéléré il y a deux jours, lorsqu'ils ont été enjoints de fermer tout de suite. C'est le choc pour les journalistes des trois médias qui étaient en train de préparer les journaux du soir et qui sont obligés de tout arrêter sur-le-champ, un choc également pour leurs nombreux auditeurs burundais.

Un geste politique de la part du Rwanda

Pourquoi ce coup d'accélérateur ? Dès le départ, Kigali a demandé notamment l'arrêt des attaques de rebelles rwandais à partir du Burundi, alors que Gitega exigeait l'extradition de dizaine d'exilés burundais qu'il qualifie de putschistes de 2015 et que les radios émettant depuis le Rwanda soient réduites au silence.

Après plusieurs rencontres des responsables des renseignements militaires des deux pays, le Burundi a engagé des actions militaires concrètes contre les rebelles rwandais, dont certains auraient été livrés au Rwanda, selon des sources concordantes. Kigali se devait donc de faire un geste à son tour, d'où la fermeture des trois radios, selon nos sources.

Jeudi, le responsable de la communication présidentielle burundaise s'est félicité d'« un pas important » du Rwanda dans la bonne direction.

Il y a un processus de dialogue entre le gouvernement burundais et le gouvernement rwandais, le gouvernement burundais étant obsédé par ces trois médias qu’il avait déjà attaqués à la roquette, mitraillette, grenade, etc. au Burundi en 2015. Donc, nous avons pu partir en exil et nous avons recommencé à reconstituer via les réseaux sociaux

Innocent Muhozi, directeur de Télé Renaissance

►À lire aussi : Au Burundi, le gouvernement tend la main aux médias sous sanctions

 

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